Le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a déclaré que le contrôle et l'exploitation des ressources naturelles redessinent les conflits à travers le monde, avertissant que "les revenus issus de l'exploitation illicite des minerais renforcent les groupes armées et les réseaux criminels tout en alimentant les violences".
S'exprimant mercredi soir lors d'un débat public du Conseil de sécurité de l'ONU intitulé "gouvernance des ressources naturelles : fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité", M. Guterres a estimé que "le contrôle et l'exploitation des ressources naturelles modifient profondément les causes, la dynamique et l'issue des conflits à travers le monde".
Il a souligné que "les minerais critiques, tels que le lithium, le cobalt, le nickel et les terres rares, occupent une place de plus en plus stratégique à mesure que la demande mondiale augmente, créant des opportunités de développement pour les pays producteurs, mais aussi une concurrence géopolitique accrue".
"Mais cette situation alimente également une vive compétition géopolitique, exerce une pression sur des chaînes d'approvisionnement fortement concentrées et nourrit les conflits, avec de graves conséquences humanitaires", a-t-il averti.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Le chef de l'ONU a estimé, à ce propos, que "les revenus tirés de l'exploitation illégale des ressources naturelles éloignent les perspectives de paix".
Selon lui, "ces revenus renforcent les groupes armés et les réseaux criminels, relient les violences locales à des réseaux régionaux et internationaux et réduisent les incitations à parvenir à des compromis politiques".
Antonio Guterres a présenté quatre priorités pour répondre à ces défis : la justice, la prévention, le règlement pacifique des différends et l'action climatique.
Il a rappelé, à cet égard, que "l'exploitation des minerais génère des retombées équitables et durables pour les pays riches en ressources ainsi que pour les populations concernées".
" Il est temps de rompre avec un schéma ancien où les ressources sont extraites, la valeur ajoutée est captée ailleurs et les communautés appauvries sont laissées seules face aux dommages environnementaux et socio-économiques", a-t-il affirmé.
Il a, par ailleurs, mis en garde contre les effets du changement climatique, estimant que les sécheresses, les inondations, la dégradation de l'environnement et la disparition des écosystèmes réduisent l'accès aux terres, à l'eau et aux ressources minières, fragilisent les institutions et accentuent les tensions.