Ile Maurice: Toujours pas de libération conditionnelle

Sept mois après son incarcération, Mamy Ravatomanga poursuit son combat pour retrouver la liberté. Mais, devant la Bail and Remand Court (BRC), le lundi 20 juillet, les débats se sont moins concentrés sur les accusations qui pèsent sur l'homme d'affaires malgache que sur un élément en apparence banal : le lieu où il résiderait s'il était libéré.

Comparaissant par visioconférence depuis la prison de haute sécurité de Melrose, Mamy Ravatomanga a vu la Financial Crimes Commission (FCC) maintenir son opposition à sa nouvelle demande de libération conditionnelle. L'organisme d'enquête soutient que plusieurs risques subsistent, notamment celui lié à l'absence d'un lieu de résidence fixe à Maurice.

Appelé à témoigner, un enquêteur de la FCC a expliqué que les vérifications effectuées auprès du propriétaire d'une maison à Belle-Vue-Harel avaient révélé que le contrat de location de cette résidence doit expirer le 26 août prochain. Cet élément revêt une importance particulière puisque, dans son arrêt rendu le 26 mai, la Cour suprême avait notamment retenu l'absence de fixed place of abode parmi les motifs justifiant le maintien en détention de Mamy Ravatomanga.

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La défense affirme toutefois que cette question est désormais réglée. Au contre-interrogatoire, Me Kushal Lobine a confronté l'enquêteur à une lettre, expédiée à la FCC le 29 juin par courrier recommandé, l'informant que le bail de la maison de Belle-Vue-Harel avait été renouvelé jusqu'au 26 août 2028. Selon l'avocat, cette correspondance était accompagnée d'un affidavit du propriétaire confirmant non seulement la prolongation du contrat, mais aussi son accord pour que la fille de Mamy Ravatomanga héberge son père dans cette résidence.

L'enquêteur a indiqué ne pas avoir connaissance de cette correspondance. Une réponse qui a provoqué la vive réaction de Me Lobine, lequel a accusé la FCC d'avoir induit la cour en erreur en avançant des informations qu'il qualifie d'«inexactes». L'avocat est allé plus loin en dénonçant des «delaying tactics», reprochant à la commission d'avoir attendu plusieurs semaines avant de préciser sa position sur cette nouvelle demande de libération, tout en sollicitant un nouveau renvoi.

La défense a également mis en avant l'état de santé de son client ainsi que les conditions de détention à la prison de Melrose, en s'appuyant notamment sur les constats formulés dans le rapport de la commission Lam Shang Leen. Estimant que Mamy Ravatomanga est détenu depuis plus de sept mois sans procès, Me Lobine a plaidé pour que la demande de libération soit entendue dans les meilleurs délais.

La magistrate Karuna Dwarka-Davay a fixé la reprise des débats au 30 juillet. De son côté, la FCC maintient que son enquête, complexe en raison de ses ramifications internationales, n'est toujours pas terminée, justifiant ainsi son opposition.

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