Luanda — La consultante principale de la Commission de l'Union africaine, Linda Etta, a estimé, jeudi à Luanda, que la fragmentation des initiatives et l'insuffisance de la coordination entre les États africains représentent les principaux défis à la mise en oeuvre effective des Accords multilatéraux sur l'environnement (AME) sur le continent.
Intervenant lors d'un panel consacré aux avancées africaines dans l'intégration de ces instruments internationaux, au deuxième jour de la 3e Conférence africaine sur l'économie bleue, la responsable a relevé que les différents accords multilatéraux sont encore fréquemment appliqués au niveau national de manière cloisonnée.
Elle a préconisé l'adoption d'une approche transversale et globale, intégrant les questions environnementales, halieutiques, sécuritaires, culturelles et scientifiques.
«Plusieurs traités et projets apparaissent de manière dispersée, ce qui rend leur application difficile et peu opérationnelle», a-t-elle indiqué.
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Linda Etta a également souligné que la Commission de l'Union africaine est impliquée dans la gestion de nombreux accords sectoriels, tout en reconnaissant la nécessité de dynamiser davantage la coordination institutionnelle, aussi bien au sein de la Commission qu'au niveau des organisations régionales.
S'agissant de la Charte africaine pour l'économie bleue, elle a révélé que seuls trois pays l'ont ratifiée jusqu'à présent, précisant que des efforts conjoints sont engagés afin d'inverser cette tendance et d'accélérer le processus d'adhésion des États africains.
Pour sa part, la conseillère technique régionale du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Madelaine Nyratuza, a mis en exergue les actions entreprises dans les domaines de la lutte contre le changement climatique, de la conservation de la biodiversité transfrontalière et des contributions déterminées au niveau national dans le cadre de l'Accord de Paris.
Elle a indiqué que, dans le domaine de la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales (BBNJ), le PNUD fournit un accompagnement technique à 20 pays à travers le monde, parmi lesquels des États africains tels que l'Angola, l'Ouganda et le Ghana, en vue de faciliter la ratification et la mise en oeuvre de cet accord.
Madelaine Nyratuza a également mis en avant l'appui apporté à l'application de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, citant notamment les projets menés dans de grands écosystèmes marins, à l'exemple de la Commission du courant de Benguela, qui associe l'Angola, la Namibie et l'Afrique du Sud dans la promotion d'une économie bleue durable.
De son côté, le représentant de l'UNESCO, Ibukun Adewumi, a confirmé l'existence de ruptures dans la chaîne de gouvernance ainsi qu'une traduction encore insuffisante des engagements internationaux en actions concrètes sur le terrain, évoquant des contraintes opérationnelles liées au financement et aux ressources humaines.
Il a rappelé que l'UNESCO intervient dans la phase de mise en oeuvre en accompagnant les États membres dans l'utilisation des sciences océaniques afin d'atteindre les objectifs de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, entre autres instruments internationaux.
« Nous devons renforcer les bases de données scientifiques et mettre en place des mécanismes de suivi des ressources génétiques », a-t-il souligné.