Ce 22 juillet, la Fondation Sococim, en collaboration avec MAK Consulting et en partenariat avec les collectivités, a donné le coup d'envoi de la première édition d'un concours national dans le domaine de l'entreprenariat numérique. Le « Sococim Innovation Challenge », s'aligne sur la Stratégie nationale du numérique pour transformer Rufisque et le Sénégal en un véritable laboratoire de solutions durables.
Dans le contexte d'un Sénégal en pleine mutation technologique, portée par la vision d'un « New Deal technologique », avec l'ambition de devenir un hub régional de l'économie digitale, les initiatives pour susciter l'esprit d'entreprise dans le domaine du numérique se multiplient. C'est dans ce sillage que la Fondation Sococim, avec son expérience dans l'engagement communautaire, a décidé de lancer ce concours en misant sur l'entrepreneuriat à fort impact et challenger la jeunesse du pays.
A travers ce concours, ouvert à tous les jeunes porteurs de projets résidant au Sénégal, il s'agit de promouvoir « l'innovation utile au-delà du clic ». L'originalité de ce challenge réside dans sa définition de l'innovation. Ici, point de « digital pour le digital ». Patricia Diagne, Administrateur général de la Fondation, est formelle : l'impact social et environnemental prime. « Lorsqu'on parle d'innovation, on pense souvent uniquement aux solutions digitales numériques, mais le challenge a été élargi pour inclure toutes sortes d'activités utilisant le digital comme outil incontournable », explique-t-elle.
Le concours cible des secteurs tels que l'économie verte, l'agroalimentaire, la valorisation du patrimoine et les services aux industries. L'objectif est clair ; il s'agit de favoriser « l'inclusion des jeunes et des femmes tout en stimulant la création d'emplois locaux qui ne disparaîtront pas à la première crise », a expliqué l'administrateur de la Fondation Sococim.
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Du « chèque » à l'incubation : le pari de la durabilité
Pour assurer la viabilité des projets, la Fondation a choisi de rompre avec le modèle classique des concours de pitch. Abdou Karim Mbengue, partenaire technique via MAP Consulting, souligne l'importance de la structure. Finie l'époque où un simple prix financier suffisait. « Plutôt que remettre simplement un chèque, ce qui mène souvent à la disparition des startups après deux ans, la fondation a décidé de créer un incubateur : le Sococim Startup Campus », martèle M. Mbengue.
Ce campus accueillera les cinq lauréats finaux pour une période d'accélération de six mois. L'idée est de transformer un concept prometteur en une entreprise « viable et fiable », capable de séduire des investisseurs lors d'un futur « Demo Day ».
Le processus de sélection s'annonce rigoureux. Sur l'ensemble des dossiers déposés d'ici le 21 août 2026, seuls 20 projets seront retenus pour suivre des webinaires intensifs sur le design thinking et le prototypage. Le filtre se resserrera ensuite à 10 startups pour un hackathon de deux jours, avant l'ultime jury du 12 septembre.
Si le challenge est national, il n'en oublie pas ses racines. Un prix spécial sera décerné au meilleur projet issu de Rufisque, garantissant un ancrage territorial fort à cette révolution technologique.
Les candidats qu'ils soient étudiants, développeurs ou designers ont désormais un mois pour soumettre leurs dossiers en équipe sur la plateforme dédiée. L'enjeu est de taille : prouver que l'innovation sénégalaise peut répondre aux défis des territoires tout en s'inscrivant dans la durabilité.