Aux Comores, une polémique politique alimente depuis quelques jours une bataille de communication au sommet de l'État. À l'origine, les déclarations de Mahmoud Salim Hafi, figure de la majorité présidentielle, ancien ministre et ancien secrétaire général adjoint du gouvernement. Il affirme que quatorze des quinze ministres ont adressé une lettre confidentielle au président Azali Assoumani pour dénoncer les blocages de l'action gouvernementale qu'ils imputeraient au secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali, fils du chef de l'État.
C'est une réaction inédite du gouvernement. Réunis face à la presse, les treize ministres présents ont affiché un front commun pour répondre aux accusations de Mahmoud Salim Hafi, ancien numéro deux du secrétariat général du gouvernement. Parmi eux, Abubakar Ben Mahmoud, ministre de l'Environnement.
« Mahamoud Salim Hafi dit avoir une lettre confidentielle signée par 14 ministres sur les 15. Nous l'invitons à publier rapidement cette lettre pour que la population puisse la voir. Nous lui lançons ce défi. Les vidéos qu'il a faites, ce sont des mensonges, ce sont des manoeuvres pour nous déstabiliser », a affirmé le ministre.
L'opposition, elle, livre une lecture radicalement différente de cette séquence. Pour Daoudou Abdallah Mohamed, président du parti Orange, cette mobilisation du gouvernement traduit au contraire un malaise au sommet de l'État.
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« Leur réaction aujourd'hui est un aveu pour moi qui prouve que les propos tenus par l'ancien secrétaire général adjoint du gouvernement sont bien fondés. Monsieur Hafi dit aujourd'hui tout haut ce que les ténors du régime pensent tout bas. Il s'agit vraiment d'un malaise très profond au sommet de l'État dû à la confiscation du pouvoir par une seule personne, ce qui fait qu'aujourd'hui l'État n'existe pas, mais toutes les décisions reviennent à lui ».
Deux versions s'opposent frontalement. D'un côté, Mahmoud Salim Hafi maintient ses accusations. De l'autre, le gouvernement les rejette catégoriquement, dénonce une tentative de déstabilisation de l'exécutif et se réserve le droit de saisir les instances compétentes.
