Au Burkina Faso, Reporters Sans Frontières (RSF), accuse Ibrahim Traoré d'entretenir « une milice numérique » qui cible les journalistes. Dans une enquête publiée le 23 juillet 2026, l'ONG soutient que ces cyberactivistes, rattachés à la junte et connus sous l'appellation de Bataillons d'intervention rapide ( BIr-C), « occupent le cyberespace et s'attaquent aux voix dissidentes en toute impunité ».
Au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré est personnellement mis en cause dans l'enquête de Reporters sans frontières. Selon l'organisation, il aurait créé ce groupe de cyberactivistes dès sa prise de pouvoir, par coup d'État, en septembre 2022.
Au fil des années, les « bataillons d'intervention rapide de la communication » auraient gagné en influence, avec pour principal terrain d'action les réseaux sociaux. Dans son rapport, RSF décrit ces bataillons comme une « milice hétéroclite », mêlant, selon l'ONG, différents profils : « activistes, personnalités proches du pouvoir, de nombreux anonymes et même un ministre en fonction », dont l'identité n'a pas été révélée.
Le groupe opère, toujours selon RSF, tel un « essaim » qui s'en prend à toute personne critiquant le chef de la junte : « [un essaim] pique quiconque ose critiquer Ibrahim Traoré », écrit l'organisation. Tout y passe : intimidation, harcèlement en ligne, insultes, images détournées ou calomnies.
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Désinformation et raids en ligne
Mais le groupe ne s'arrête pas là. Il serait aussi spécialiste, d'après RSF, de la désinformation et de la propagande en faveur de la junte militaire. L'organisation évoque notamment « des raids en ligne contre les détracteurs de la dictature militaire ». Les cibles principales de ces cyberactivistes sont les journalistes, regrette Reporters sans frontières.
Pour RSF, il ne s'agit pas d'un mouvement citoyen spontané, comme le groupe le prétend : « Loin d'être un simple mouvement spontané de citoyens qu'elle prétend être, la milice est au contraire un groupe organisé, au sein duquel les autorités et leurs soutiens sont directement impliqués », accuse Reporters sans frontières.
