Nommé le 23 juillet 2026 pour assurer l'intérim à la tête de la Première Région militaire interarmées, le général de brigade Donatien Melingui Nouma succède au général Simon Ezo'o Mvondo, décédé en Inde neuf jours plus tôt.
Le commandement de la Première Région militaire interarmées (RMIA 1) change de main. Le général de brigade Donatien Melingui Nouma a été désigné le 23 juillet 2026 pour assurer l'intérim à la tête de cette région stratégique dont le poste de commandement se trouve à Yaoundé. Il remplace le général de division Simon Ezo'o Mvondo, décédé subitement le 14 juillet 2026 à Hyderabad, en Inde, des suites d'une maladie.
Derrière cette nomination en apparence technique se cache un officier au parcours singulier : ancien ingénieur à la télévision nationale, passé par la direction de la sécurité présidentielle, commandant sur le front de la crise anglophone, le général Melingui Nouma est un soldat d'expérience que les défis sécuritaires du Cameroun n'effraient pas. Mais que sait-on vraiment de cet homme placé à la tête de la région militaire la plus sensible du pays ?
Une succession rapide après un décès brutal
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Le 14 juillet 2026, l'armée camerounaise perdait l'un de ses cadres. Le général de brigade Simon Ezo'o Mvondo, commandant de la RMIA 1, s'éteignait au Continental Hospitals d'Hyderabad, en Inde, où il était pris en charge médicalement. Dans un communiqué officiel, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, a salué la mémoire d'un officier « réputé pour son sens du devoir, sa rigueur professionnelle et son engagement au service de la Nation ».
Neuf jours plus tard, le 23 juillet 2026, la relève est assurée. Le général de brigade Donatien Melingui Nouma est désigné commandant par intérim de la RMIA 1. Une décision rapide qui témoigne de la volonté des hautes autorités militaires de ne pas laisser vacant un poste aussi stratégique.
Qui est le général Donatien Melingui Nouma ?
Né le 14 décembre 1957, le général Melingui Nouma est un digne fils de Mvog Andela, dans le département de la Lékié, région du Centre Cameroun. Son parcours est pour le moins atypique. Avant d'embrasser une carrière militaire, il a été ingénieur d'études à la Cameroon Television (CTV), qu'il quitte en 1987 pour intégrer l'École militaire interarmées (EMIA), dont il sort diplômé en 1989.
Titulaire d'un brevet de l'enseignement militaire supérieur du second degré obtenu au Collège interarmées de défense (CID) de Paris, il est également nanti d'un master en histoire militaire de l'École pratique des hautes études de Paris.
Un parcours opérationnel dense
Le général Melingui Nouma a occupé de nombreux postes de responsabilité. Il a notamment commandé un groupement au cours de l'opération « Scorpion », lancée contre les coupeurs de route dans les départements du Mayo-Sava et du Mayo-Tsanaga, dans l'Extrême-Nord.
En 1995, il intègre la direction de la sécurité présidentielle (DSP), où il reste jusqu'en janvier 2013, occupant au passage le poste de chef de groupement de protection. De 2013 à 2016, il est commandant de la brigade du quartier général.
Il a également été commandant de la 5e Région militaire interarmées, basée à Bamenda, avant d'être nommé inspecteur des forces à l'état-major des armées au ministère de la Défense.
Un homme de confiance, mais aussi un homme de terrain
Le général Melingui Nouma a été au coeur de la gestion de la crise anglophone. En 2018, il était chargé des opérations militaires dans la région du Sud-Ouest. Il avait alors reconnu, dans une interview à l'AFP, que « l'armée brûle des maisons en Ambazonie », une déclaration qui avait suscité des remous. Il avait été relevé de ses fonctions en mai 2018, mais son expertise du terrain reste précieuse.
Les défis de la RMIA 1
La Première Région militaire interarmées, dont le poste de commandement est à Yaoundé, couvre un vaste territoire : les régions du Centre, du Sud et de l'Est. Elle abrite le quartier général, la brigade du quartier général, ainsi que les 11e et 12e brigades d'infanterie motorisée.
Le général Melingui Nouma devra y assurer la sécurisation de la région du Centre, qui abrite la capitale politique et administrative du pays, et coordonner les unités militaires dans un contexte marqué par la menace séparatiste dans les régions voisines et les incursions de groupes armés dans l'Extrême-Nord.