À Mbandaka, chef-lieu de la province de l'Équateur, la coalition Le Congo n'est pas à vendre (CNPAV) a jeté un pavé dans la mare en publiant une étude choc sur les grandes disparités de rémunération dans la fonction publique.
Présenté ce mercredi 22 juillet lors d'une tribune d'expression populaire à l'Institut supérieur pédagogique (ISP), le rapport de CNPAV met à nu les déséquilibres flagrants entre le train de vie des députés nationaux et les traitements accordés aux fonctionnaires, enseignants et professionnels de santé.
Devant un parterre d'acteurs de la société civile, de syndicalistes, d'enseignants, d'étudiants et de fonctionnaires, les chiffres exposés par le coordonnateur de l'AMACEQ, Peter Gbiako Ngbala, ont vivement fait réagir l'assistance.
Un député gagne jusqu'à 200 fois plus qu'un huissier de l'État
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L'enquête de la coalition anti-corruption dresse un parallèle saisissant entre deux réalités de la rémunération publique en RDC. Elle évoque d'abord celle des élus nationaux. En cumulant émoluments, primes, indemnités de vacances, réserves parlementaires et autres avantages connexes, un député national percevrait environ 21 000 dollars américains par mois.
Le document cite également le traitement des agents publics essentiels. Les enseignants, le personnel soignant et la grande majorité des fonctionnaires disposent d'un revenu moyen tournant autour de 150 dollars américains par mois.
Selon les calculs présentés par la coalition, ces chiffres traduisent des ratios vertigineux : un parlementaire gagne jusqu'à 15 fois plus qu'un professeur d'université, 30 fois plus qu'un médecin et près de 200 fois plus qu'un huissier de l'administration publique.
Plaidoyer pour une réforme salariale et la justice sociale
Pour le CNPAV, ces disparités abyssales consacrent une injustice sociale profonde et viennent contredire les promesses répétées des autorités concernant la réduction du train de vie de l'État.
À travers la diffusion de ces données à Mbandaka, la coalition appelle à une refonte globale de la politique salariale en RDC, réclamant une grille d'équité capable de revaloriser les métiers essentiels et de restaurer la justice sociale au sein de la gouvernance publique.