Les plaintes enregistrées par la Médiature de la République ont augmenté entre 2023 et 2025, et restent largement dominées par les contentieux fonciers. La Médiature a rendu public son rapport 2025 hier, jeudi 23 juillet 2026, au lendemain de sa remise au président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
L'évolution des requêtes adressées au Médiateur de la République traduit une hausse sensible de son activité. Leur nombre est passé de 279 entre janvier 2023 et juin 2024 à 336 entre juillet 2024 et décembre 2025, soit une augmentation d'environ 20 %. Cette progression s'explique à la fois par les effets des tournées de vulgarisation du précédent rapport d'activités et par la multiplication des dysfonctionnements relevés au sein des administrations publiques, des collectivités locales, des établissements publics ou des organismes investis d'une mission de service public.
Les réclamations soumises au Médiateur portent, de manière récurrente, sur les conflits fonciers, les difficultés liées à la liquidation ou au paiement des pensions, les demandes de régularisation de situations administratives, le règlement de créances dues, les retards dans l'exécution de décisions de justice, ainsi que des lenteurs administratives assimilables à des cas de maladministration. Le Médiateur constate, avec regret, l'absence ou la lenteur avec laquelle certaines autorités compétentes donnent suite aux dossiers qui leur sont transmis.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Les requêtes enregistrées entre le 1er juillet 2024 et le 31 décembre 2025 offrent un aperçu fidèle de l'activité des services de la Médiature qui ont traité un total de 336 réclamations. Parmi celles-ci, 54 dossiers ont été rejetés pour différents motifs. 29 litiges de nature privée ont été orientés vers les juridictions compétentes, 12 affaires pendantes devant les tribunaux ont été suspendues en application du principe de non-ingérence dans le fonctionnement de l'autorité judiciaire.7 dossiers ont été déclarés irrecevables faute de saisine préalable des administrations concernées, rappelant aux usagers, l'obligation d'épuiser les recours gracieux avant de saisir la Médiature. Enfin, 6 dossiers étaient hors du champ de compétence du Médiateur, soulevant la question de la spécialisation des institutions.
Les dossiers en cours de traitement concernent principalement le ministère des Finances et du Budget, avec 16,7 % des affaires. Viennent ensuite, par ordre décroissant, le ministère de l'Intérieur et de la Sécurité publique (7,6 %), le ministère de la Justice (5,7 %), puis les ministères de la Fonction publique, de l'Urbanisme et des Forces armées, avec respectivement 4,9 %, 4,6 % et 4,2 % du total des dossiers en cours. Les collectivités territoriales sont concernées à hauteur de 10,3 %, et l'IPRES à concurrence de 4,6 % des réclamations.
Pour l'année à venir, le Médiateur envisage de poursuivre la consolidation de ses capacités institutionnelles, conformément à son plan stratégique. Cela inclut notamment le déploiement accru de délégations régionales, afin d'assurer une meilleure proximité avec les citoyens. L'objectif est d'étendre la présence de l'institution sur l'ensemble du territoire national, en particulier dans les zones reculées, pour renforcer l'écoute et la réactivité auprès des populations. La Médiature de la République a formulé 26 recommandations à l'attention de l'État du Sénégal en vue d'une amélioration du service public.