Afrique Centrale: Cémac - Des réformes fiscalo-douanières pour réduire la dépendance aux importations

Les représentants des administrations fiscales et douanières des pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cémac), réunis depuis le 22 juillet à Brazzaville, examinent les mesures devant accompagner la mise en oeuvre de la stratégie régionale d'import-substitution. L'initiative vise à renforcer la production locale, stimuler l'industrialisation et réduire la dépendance de la sous-région aux importations.

Pendant trois jours, les représentants des administrations fiscales et douanières des États membres, ainsi que les experts de la Commission de la Cémac, passent en revue un ensemble de dispositifs afin de créer un environnement plus favorable au développement de la production locale et de la transformation industrielle. Cette rencontre s'inscrit dans la mise en oeuvre des orientations arrêtées par les chefs d'État de la Cémac. À travers cette stratégie, la communauté entend réduire sa forte dépendance aux importations, tout en développant des chaînes de valeur régionales capables de répondre aux besoins des populations.

Selon le commissaire de la Cémac chargé du département des Infrastructures et du Développement durable, Dr Francial Baudin Libengue Dobele, l'ambition est également de renforcer les échanges intracommunautaires, de soutenir les entreprises locales et, à terme, de contribuer à la baisse du coût de la vie grâce à une meilleure disponibilité des produits fabriqués dans la sous-région. Le commissaire de la Cémac a fait savoir que ces échanges constituent une étape déterminante dans la concrétisation de cette politique communautaire.

Les mesures fiscalo-douanières attendues doivent permettre de renforcer la compétitivité des produits locaux, d'attirer davantage d'investissements dans les secteurs productifs et d'accélérer l'industrialisation de la sous-région. Elles devront également offrir un cadre harmonisé favorisant le développement de l'agriculture et l'amélioration de la balance commerciale des États membres.

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Pour les autorités communautaires, le contexte économique international actuel, marqué par les tensions géopolitiques, les perturbations des chaînes d'approvisionnement et les politiques protectionnistes, exposé la vulnérabilité des économies de la sous-région fortement dépendantes des importations et de l'exportation des matières premières. Malgré une croissance économique régionale estimée à 2,9 % en moyenne entre 2025 et 2027, celle-ci demeure insuffisante pour répondre aux défis de la création d'emplois, de la réduction de la pauvreté et de l'industrialisation. À cela s'ajoute la baisse des recettes pétrolières, qui a fait passer le solde budgétaire agrégé de la Cémac d'un excédent de 0,6 % du PIB en 2023 à un déficit de 1,5 % en 2024.

Face à ces défis, la stratégie régionale d'import-substitution, adoptée par la Conférence des chefs d'État en mars 2023 à Yaoundé, repose sur le développement prioritaire de plusieurs filières jugées stratégiques, notamment le poisson, le riz, le blé, la viande bovine et le manioc. Ces secteurs présentent un fort potentiel de création de valeur, de substitution aux importations, de développement industriel et de création d'emplois. La stratégie s'inscrit également dans les initiatives communautaires en faveur du développement agricole et pastoral, avec pour ambition de renforcer la souveraineté alimentaire de la sous-région.

Les participants sont ainsi appelés à proposer un cadre fiscal et douanier harmonisé, juridiquement sécurisé et économiquement équilibré. Les travaux devront permettre d'identifier des mesures capables d'encourager les investissements, d'améliorer la compétitivité des entreprises communautaires. À l'issue des trois jours de travaux, les experts devront produire une feuille de route commune ainsi qu'un ensemble de recommandations techniques destinées à être soumises aux instances décisionnelles de la Cémac.

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