En République centrafricaine (RCA), près de 30 000 Soudanais ont trouvé refuge à Birao, ville située à la frontière avec leur pays. Ils y ont fui la guerre qui fait rage au Soudan depuis avril 2023. Dans le nord-est de la RCA, ils reçoivent des formations afin de trouver des activités rémunératrices. Illustration dans le secteur de l'élevage.
Ce matin, les bêlements des cabris résonnent dans les enclos aménagés du camp de Korsi, qui accueille des réfugiés soudanais, dans le nord-est de la République centrafricaine (RCA). Formés en décembre dernier aux techniques d'élevage, ces réfugiés ont chacun reçu des bêtes afin de se lancer dans cette activité, explique Gildas Yanedé, chef de base par intérim de l'ONG Comité international pour l'aide d'urgence et le développement (Ciaud) : « Nous avons distribué des animaux à chaque ménage. Chacun des 150 ménages a reçu trois têtes de petit bétail, dont deux femelles et un mâle, afin de démarrer son activité d'élevage. »
« J'essaie de reconstruire ma vie grâce à l'élevage »
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Loin des combats qui continuent de ravager le Soudan, l'élevage permet à Maïmouna de reconstruire progressivement sa vie. « J'ai quitté mon pays en laissant derrière moi ma maison, mes biens et des membres de ma famille qui ont été tués, explique-t-elle. Ici, nous sommes en sécurité. J'essaie de reconstruire ma vie grâce à l'élevage ».
Ce programme permet également de réduire la dépendance de ces réfugiés à l'aide humanitaire, comme l'explique Fatima : « Nous remercions le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) pour ce soutien. Grâce à l'élevage, nous avons retrouvé notre dignité. Les revenus issus de la vente des cabris me permettent de subvenir aux besoins de ma famille. »
Près d'un an après le lancement du projet, les résultats sont jugés encourageants, selon Gildas Yanedé : « Nous sommes satisfaits des résultats obtenus. Nous travaillons en collaboration avec les services de l'élevage de Birao. Chaque mois, leurs équipes assurent le suivi sanitaire des animaux afin de garantir leur bonne santé et leur développement. »
Au-delà de l'élevage, ce projet comprend également d'autres activités comme l'agriculture et le petit commerce.
L'arrivée des réfugiés soudanais a presque doublé la population de Birao. Malgré la pression sur les ressources locales, les autorités centrafricaines, avec l'appui du HCR, ont mis en place des activités socioprofessionnelles pour permettre aux réfugiés de développer des activités génératrices de revenus et de gagner progressivement en autonomie. Aujourd'hui, plusieurs milliers de bénéficiaires vivent de ces activités.