Au Kenya, le projet d'ouverture d'un centre de quarantaine pour les ressortissants américains exposés au virus Ebola est au coeur d'une bataille judiciaire et politique. Prévu sur la base aérienne de Laikipia, dans le centre du pays, ce dispositif a été révélé par la presse américaine en mai. L'affaire a déclenché un tollé au Kenya, avec plusieurs journées de manifestations, alors même que le pays n'a recensé aucun cas du virus. Saisie par une association, la justice a suspendu le projet dans l'attente d'un jugement sur le fond. Le verdict est attendu le 26 novembre, alors que la phase des plaidoiries vient tout juste de s'achever.
Les plaidoiries ont été présentées jeudi 23 et vendredi 24 juillet 2026 devant la Haute Cour de Nairobi. Les plaignants dénoncent un projet mené sans consultation et qui présenterait un risque pour la population. Selon eux, le Kenya n'est pas suffisamment équipé pour faire face au virus Ebola.
De leur côté, les autorités, par la voix de leurs avocats, assurent avoir respecté la loi. Elles défendent un projet qui s'inscrit, selon elles, dans une stratégie de prévention.
En attendant le jugement prévu en novembre, la suspension du projet reste en vigueur. Elle interdit la mise en opération du centre de quarantaine envisagé à Laikipia.
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Des quarantaines déjà en cours sur le sol kenyan
Malgré cette suspension, une ONG américaine a annoncé la semaine dernière que sept membres de son équipe étaient en quarantaine sur le sol kényan après avoir participé à la riposte contre Ebola en République démocratique du Congo (RDC).
Washington a confirmé le transfert de plusieurs de ses ressortissants dans un centre géré par du personnel américain au Kenya, après autorisation de Nairobi. Les autorités américaines n'ont cependant pas précisé où se trouve exactement ce centre.
Si ces personnes ont été transférées dans le cadre de l'accord contesté devant la justice, « il s'agirait d'un scandale absolu », a réagi le Katiba Institute, à l'origine de la plainte. Le ministre de la Santé, lui, maintient avoir respecté la décision de la Cour et la suspension du projet.