Afrique: La Déclaration de Luanda fixe des engagements opérationnels pour l'économie bleue sur le continent

Luanda — La Déclaration issue de la Conférence de haut niveau sur l'économie bleue en Afrique, adoptée vendredi à Luanda, préconise la mise en place d'un financement durable fondé sur la création de mécanismes innovants.

Le document, qui prévoit notamment la création de Fonds bleus nationaux, l'émission d'obligations bleues (Blue Bonds), le développement d'assurances bleues ainsi que des mécanismes de conversion de dette contre nature, afin de réduire la dépendance de l'Afrique à l'égard des ressources extérieures, établit un ensemble d'engagements stratégiques en faveur de l'économie bleue, contraignants pour les États membres de l'Union africaine.

La Déclaration fixe comme objectif la transposition normative, d'ici à 2028, à travers l'intégration obligatoire de la Stratégie africaine pour l'économie bleue (AU-BES) dans les législations et les budgets nationaux, avec l'appui de plans d'aménagement spatial des espaces maritimes et fluviaux.

Le texte souligne également la nécessité de mettre en place un système harmonisé de comptabilité nationale permettant de mesurer le Produit intérieur brut (PIB) bleu, ainsi qu'une plateforme régionale destinée au partage des données, des connaissances et des bonnes pratiques.

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Les signataires estiment par ailleurs indispensable de renforcer la conservation de l'environnement, conformément à l'objectif international « 30x30 », en étendant les aires marines protégées et les écosystèmes restaurés à au moins 30 % des espaces aquatiques, tant sous juridiction nationale qu'au-delà, tout en assurant la protection des mangroves et des récifs coralliens en raison de leur importance pour la biodiversité et le stockage du carbone bleu.

Le document recommande en outre de promouvoir l'équité sociale en fixant un objectif contraignant d'au moins 40 % de représentation des femmes, des jeunes et des communautés locales au sein des organes consultatifs et des programmes de promotion économique.

Il prévoit également la mise en place d'outils essentiels de suivi, de mise en oeuvre et de reddition de comptes destinés aux États membres.

La Déclaration réaffirme la contribution de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) au renforcement de l'intégration économique du continent, tout en soulignant que ce marché régional ne pourra pleinement prospérer que si les autoroutes maritimes et les voies fluviales africaines sont sûres, propres et administrées par des institutions africaines.

À cette fin, les signataires lancent un appel aux partenaires internationaux, au secteur privé ainsi qu'aux institutions financières de développement afin qu'ils alignent leur assistance technique et financière sur les priorités continentales définies par la Stratégie de l'Union africaine pour l'économie bleue.

La Déclaration de Luanda invite également l'ensemble des États membres à ratifier la Charte de Lomé sur la sûreté, la sécurité maritimes et le développement en Afrique.

« L'Afrique ne peut plus demeurer un simple spectateur de l'exploitation de ses propres mers et de ses ressources aquatiques. Il est impératif qu'elle assume le leadership politique. Le moment est venu de passer, avec courage, audace et rigueur scientifique, de la stratégie à l'action », souligne le document.

La conférence a été marquée par des débats consacrés notamment à « l'état de l'économie bleue en Afrique », à la « coopération régionale pour la transformation de l'économie » ainsi qu'aux « technologies numériques et aux systèmes de données », entre autres thèmes.

Ouverte mercredi 22 juillet, la rencontre s'est achevée ce samedi par des travaux internes et une visite de la Foire internationale de Luanda (FILDA).

Le rendez-vous a réuni plus de 400 participants venus de dix pays. Il s'inscrit dans le cadre des engagements pris par l'Angola au titre de l'Agenda 2063 de l'Union africaine et de la Stratégie africaine pour l'économie bleue 2020-2030.

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