Sénégal: Tensions récurrentes à l'UCAD de Dakar - Une étude révèle les facteurs de conflits

25 Juillet 2026

Les tensions qui secouent régulièrement l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar trouvent leur origine dans une combinaison de facteurs économiques, institutionnels, organisationnels et relationnels. C'est la principale conclusion de l'étude menée par l'Organisation nationale des droits de l'homme (ONDH), avec l'appui du Collectif des organisations de la société civile pour les élections (COSCE), dont les résultats ont été restitués hier, vendredi 24 juillet 2026, lors d'un atelier organisé au West African Research Center (WARC).

Réalisée du 20 avril au 22 juin 2026, dans le cadre du projet "Saxal Jamm", financé par l'Union européenne et porté par le COSCE, le GRADEC et l'ONG 3D, cette étude visait à identifier les causes profondes des conflits au sein de l'UCAD, à recueillir les perceptions des différents acteurs de la communauté universitaire et à proposer des mécanismes de prévention durable.

L'enquête a porté sur un échantillon de 306 étudiants, sur un objectif initial de 400, complété par 15 entretiens semi-directifs avec des enseignants, des personnels administratifs et techniques (PATS) ainsi que le Directeur adjoint du Centre des oeuvres universitaires de Dakar (COUD).

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Pour la secrétaire générale du COSCE, Me Habibatou Samb, cette initiative répond à la nécessité d'anticiper les crises dans un contexte marqué par une forte tension sociale. « Il y a comme une cocotte-minute dans le milieu étudiant. À force d'accumuler les tensions, elle finit par exploser », a-t-elle expliqué. Elle a rappelé que les récents épisodes de violence ont coûté des vies humaines, citant le décès de l'étudiant Abdoulaye Ba, dont les circonstances continuent de faire l'objet d'un suivi par les organisations de la société civile.

Le président de l'ONDH, le Pr Samba Thiam, a comparé la démarche à un diagnostic médical destiné à identifier les causes profondes du mal, avant de proposer un traitement. Selon lui, les retards dans le paiement des bourses demeurent l'un des principaux facteurs de crispation. « Les conditions de vie et les conditions d'études sont étroitement liées. Lorsqu'un maillon est fragilisé, c'est tout le système qui est affecté », a-t-il souligné, regrettant également les perturbations récurrentes du calendrier universitaire.

L'étude met toutefois en évidence que ces tensions ne se limitent pas aux seules questions sociales. Elles traduisent aussi des insuffisances dans la gouvernance, la communication et les mécanismes de dialogue entre les différentes composantes de l'université.

Les auteurs recommandent ainsi une approche globale fondée sur une gouvernance plus inclusive, le renforcement du dialogue permanent et la prévention des crises. Ils estiment que la mise en oeuvre progressive de ces recommandations contribuera à renforcer la cohésion sociale, à stabiliser le climat universitaire et à préserver le statut de l'UCAD comme université de référence en matière d'enseignement supérieur et de recherche. L'étude se veut désormais un outil d'aide à la décision pour accompagner les réformes et favoriser une paix durable sur le campus.

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