Comores: Six médinas séculaires inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco

Dans les rues de la médina de Moroni, capitale des Comores, anciennes bâtisses, habitations et lieux de vie se côtoient.

Réunis à Busan, en Corée du Sud, les membres du Comité du patrimoine mondial de l'Unesco ont inscrit, samedi 25 juillet, les six médinas des Sultanats historiques des Comores sur la prestigieuse liste du patrimoine mondial. Une décision qui marque une étape historique pour l'archipel et qui ouvre désormais des perspectives en matière de préservation, de développement et d'attractivité.

Les six médinas - quatre sur l'île de Grande Comore, deux sur celle d'Anjouan - sont les premiers sites des Comores à rejoindre la liste du patrimoine mondial de l'Unesco (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture). Ces cités-États ont été construites, pour certaines, dès le XIIe siècle, le long des routes commerciales de l'océan Indien.

Cette inscription au patrimoine mondial de l'Unesco des six médinas séculaires des Comores, témoignages de l'architecture swahilie et des anciens sultanats de l'archipel de l'océan Indien, est une reconnaissance qui devrait favoriser leur préservation. « Ce classement n'est pas une ligne d'arrivée mais un point de départ », a réagi Saïd Mohamed Ali Saïd, le ministre comorien de la Culture.

Les médinas comprennent des murailles de défense, des palais, des mosquées et des places publiques, intégrées à un réseau de ruelles étroites. « Ce patrimoine est fragile et, par endroits, en réel danger. Le classement change la donne : il nous oblige, mais il nous ouvre aussi des portes », a ajouté le ministre de la Culture.

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« Mondialisation avant l'heure »

L'archipel des Comores, situé à environ 300 kilomètres des côtes de l'Afrique et peuplé à présent d'environ 870 000 habitants, a été pendant des siècles à la croisée de routes commerciales maritimes entre l'Afrique de l'Est, le Moyen-Orient, Madagascar et l'Inde.

Ces sites mettent « en valeur des formes urbaines insulaires et des expressions architecturales issues des échanges culturels liés aux migrations et aux réseaux commerciaux de l'océan Indien », souligne le comité du patrimoine mondial de l'Unesco.

« Nous avons été la mondialisation avant l'heure », a déclaré, se son côté, le président comorien Azali Assoumani, évoquant un archipel qui « a longtemps été » un « carrefour actif, un lieu d'échanges, de savoirs et de gouvernance raffinée ».

Un véritable levier de développement pour les Comores

Joint par RFI, l'historien Faridy Norbert explique que cette reconnaissance internationale ne constitue pas seulement un symbole ; elle peut aussi devenir un véritable levier de développement pour les Comores : « Au-delà de retombées économiques et financières, tout d'abord, cela permettra d'ici peu de temps - peut-être dans une année, peut-être dans deux ans - de créer beaucoup d'emplois. Rien que la réhabilitation de ces six médinas, cela permettra de créer des emplois. »

« Au niveau économique, au niveau du tourisme, nous possédons une richesse patrimoniale inestimable. On n'a pas à envier Madagascar, on n'a pas à envier Maurice. L'avantage que nous avons, c'est d'avoir une richesse patrimoniale, matérielle et immatérielle très très riche comparée aux autres pays de l'océan Indien », poursuit-il.

« Nous avons également un patrimoine naturel et culturel très varié qui permettra demain d'attirer autant de touristes. Aujourd'hui, tous ceux qui ont été à Busan vont se poser la question : "C'est où, les Comores ?" Et je sais très bien que les plus curieux diront : ''Voilà, je vais aller aux Comores". Donc c'est déjà un début », conclut Faridy Norbert.

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