Maroc: La dynamique ittihadie ne faiblit pas - A Guelmim, le Premier secrétaire a replacé la justice territoriale et la répartition équitable des richesses, des investissements et des services au centre des priorités

tribune

La dynamique que connaît aujourd'hui l'Union socialiste des forces populaires (USFP) dépasse la simple succession de rencontres partisanes ou l'occupation de l'espace médiatique à l'approche des échéances électorales. Elle traduit une ambition bien plus profonde : replacer le parti au coeur du débat national et convertir son action organisationnelle, intellectuelle et territoriale en un projet démocratique et social crédible.

Dès lors, une question essentielle s'impose : l'USFP saura-t-elle transformer cette mobilisation en confiance populaire, puis en une force politique capable d'infléchir les choix publics après 2026 ?

Des fractures territoriales à l'exigence d'un nouveau contrat social

A Guelmim, le Premier secrétaire Driss Lachguar a replacé la justice territoriale et la répartition équitable des richesses, des investissements et des services au centre des priorités. Loin d'être un simple enjeu local, cette problématique reflète un déséquilibre national majeur. Le Maroc ne peut plus progresser à deux vitesses : d'un côté, des pôles bénéficiant des grands projets structurants; de l'autre, des provinces qui attendent toujours un accès digne à la santé, à l'école, à l'emploi et aux infrastructures de base.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Dans cette même dynamique, Abderrahim Chahid, président du Groupe socialiste-Opposition ittihadie à la Chambre des représentants, a rappelé que le bilan du gouvernement ne se mesure pas à l'abondance des chiffres ou à la multiplication des annonces de réformes. La réussite d'une politique se juge dans le quotidien des Marocains : évolution du coût de la vie, création d'emplois durables, préservation du pouvoir d'achat, qualité des services publics, respect des institutions et effectivité de la reddition des comptes.

Du terrain au programme : une alternative construite avec les territoires

La dynamique des conseils provinciaux élargis, notamment ceux présidés à Fès et à Ouezzane par Mustapha Ajjab, président du Conseil national du parti, confère à cette mobilisation une profondeur concrète. Ces rencontres de terrain permettent d'établir un diagnostic rigoureux des réalités économiques, sociales et politiques de chaque province. En restant à l'écoute des militants, des citoyens et des acteurs locaux, le parti s'attache à transformer les attentes de la population en propositions réalistes et applicables.

Un programme politique crédible ne peut se rédiger dans des bureaux fermés. Il doit se construire à partir des réalités du terrain : emploi, santé, éducation, logement, mobilité et justice territoriale.

Comme l'a souligné Mehdi Mezouari, le projet ittihadi doit également intégrer les aspirations des jeunes, des femmes et des forces vives du pays. Le renouvellement de l'USFP ne se limite pas à un changement de visages; il exige une rénovation profonde du discours, des pratiques politiques et de la relation quotidienne avec la société.

Reconquérir la confiance pour rendre l'alternative possible

L'analyse d'Abdelhamid Jmahri, membre du Bureau politique et responsable national des médias arabophones, vient compléter cette vision en ciblant précisément les racines de la crise actuelle : l'hégémonie de la majorité, l'amalgame entre argent et politique, les conflits d'intérêts, l'affaiblissement des corps de médiation partisane et le recul de la confiance des citoyens envers les institutions.

Soutenue et relayée par les organes de presse Al Ittihad Al Ichtiraki et Libération, cette mobilisation globale dépasse les logiques purement électorales de conquête de sièges. L'enjeu historique pour l'USFP est de bâtir une alternative forte, capable de lutter efficacement contre la vie chère, le chômage, le clientélisme, les inégalités sociales et la dégradation des services publics. Il s'agit, en somme, de redonner du sens à l'action politique, de restaurer la crédibilité des institutions et de replacer le citoyen au centre de toutes les priorités nationales.

En effet, l'USFP renoue ainsi avec son rôle historique. En tant que parti social-démocrate historique, il est en quelque sorte le garant légitime d'un véritable Etat social. Il s'en suit que face à la politique que le gouvernement actuel applique, une approche purement comptable ou technocratique de la protection sociale, l'USFP ne peut que proposer une vision solidaire et humaine.

De même, à travers cette mobilisation, l'USFP réaffirme la place de choix qu'il réserve aux questions de justice territoriale, du stress hydrique, de la sécheresse et de la justice climatique. A cet effet, l'USFP est le mieux placé pour se positionner sur la défense des petits agriculteurs et des populations rurales face aux crises environnementales.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.