Maroc: Législatives 2026 - Driss Lachguar appelle à l'égalité des chances et dénonce l'instrumentalisation électorale des chantiers publics

Une échéance à venir, une mobilisation à parachever et une bataille à anticiper : c'est autour de cette triple exigence que l'Union socialiste des forces populaires a réuni, samedi à Rabat, l'ensemble de ses candidates et candidats aux législatives du 23 septembre 2026. Face à une salle comble, le premier secrétaire Driss Lachguar n'a laissé planer aucune ambiguïté sur l'enjeu du moment : dans un contexte où d'autres formations politiques peinent encore à arrêter leurs choix, l'USFP a fait le pari de l'avance et de l'organisation, convaincu que les grandes batailles électorales se préparent bien avant le jour du scrutin.

Devant une assemblée dense, venue de toutes les régions du Royaume, le leader ittihadi a ouvert les travaux de cette rencontre nationale par un hommage appuyé à l'engagement militant. Il a tenu à souligner que l'ensemble des cadres et militants du parti ont consenti d'importants efforts pour parvenir à cette étape charnière qui sépare désormais l'USFP de son rendez-vous avec les urnes, rappelant que chacune des étapes précédentes a exigé une mobilisation large et un travail de fond ininterrompu de la part des forces vives du parti. Une manière, pour le premier secrétaire, de replacer d'emblée l'individuel dans le collectif, et de rappeler que nulle candidature ne saurait se concevoir en dehors du corps militant qui la porte.

Cette philosophie de l'action collective, Driss Lachguar l'a érigée en méthode de gouvernance interne. Il a en effet insisté sur le fait que l'USFP a fait, dans l'ensemble de ses décisions, le choix d'une approche participative fondée sur le consensus, la communication responsable et l'écoute, une approche qui a constitué, selon lui, le socle sur lequel s'est bâtie la gestion des différents dossiers liés à la préparation des prochaines échéances. Dans un paysage politique national où les logiques de cooptation et d'arbitrages opaques demeurent parfois la norme, cette revendication d'une méthode fondée sur le dialogue interne prend une résonance particulière, presque programmatique, tant elle esquisse en creux une conception de la démocratie qui ne s'arrête pas aux portes du parti.

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Le premier secrétaire n'a pas manqué, par ailleurs, de replacer ce scrutin dans son cadre institutionnel le plus large, rappelant que Sa Majesté le Roi a donné Ses hautes orientations pour une préparation rigoureuse des échéances relatives à l'élection des membres de la Chambre des représentants, dans la transparence, la crédibilité et la responsabilité. C'est dans le sillage de ces orientations Royales, a-t-il précisé, que le ministre de l'Intérieur a engagé des concertations et tenu des réunions avec les formations politiques, lesquelles ont pu soumettre leurs mémorandums relatifs au système électoral.

Sur ce terrain de la réforme électorale, l'USFP n'est pas resté spectateur. Driss Lachguar a tenu à rappeler que le parti a présenté ses propositions et sa vision du système électoral, en particulier sur les questions de représentativité des femmes et des jeunes ainsi que sur les listes électorales, aux côtés d'un ensemble d'autres questions liées au développement du processus électoral et au renforcement des conditions de la participation politique. Une manière d'affirmer que la modernisation du dispositif électoral marocain se construit aussi par la contribution vigilante des forces d'opposition.

C'est précisément en tant que force d'opposition que le premier secrétaire a haussé le ton sur un point qui, chaque saison électorale, revient hanter le débat public : l'instrumentalisation des moyens de l'État à des fins partisanes. Driss Lachguar a dénoncé sans détour une pratique par laquelle le gouvernement et sa majorité, qu'il a qualifiée de tentaculaire, exploitent électoralement les réalisations publiques, citant notamment les chantiers routiers, les équipements, l'eau, l'agriculture, le logement et l'emploi dans les circonscriptions électorales. Une charge frontale, mais mesurée, qui n'a rien d'anecdotique : elle vise à rappeler que le service public n'est ni la propriété d'une majorité, ni un instrument de propagande électorale. C'est fort de ce constat que le premier secrétaire a interpellé directement le chef du gouvernement et le ministre de l'Intérieur, les appelant à mettre un terme à de telles pratiques dans l'ensemble des provinces et régions, afin de garantir l'égalité des campagnes électorales et d'assurer l'égalité des chances entre les différents compétiteurs issus des forces politiques.

La rencontre nationale des candidats de l'USFP fut également l'occasion, pour le leader ittihadi, d'élargir le regard vers un dossier qui touche à la souveraineté nationale et au rayonnement diplomatique du Royaume. Driss Lachguar a évoqué l'association Sahraouis pour la paix, affirmant qu'elle jouit désormais d'une large représentativité au sein des organisations internationales, un acquis qu'il attribue aux contributions de l'Union socialiste des forces populaires. Il a précisé que les rencontres et les démarches menées par le parti ont permis à cette association d'intégrer l'Internationale socialiste et les organisations progressistes internationales, insistant sur l'importance de poursuivre le travail politique et diplomatique afin de renforcer la présence marocaine au sein des différentes instances et organisations internationales. Une diplomatie parallèle, discrète mais efficace, que le parti revendique comme l'un des instruments de sa contribution à la cause nationale.

Sur ce même registre des provinces du Sud, le premier secrétaire a tenu des propos empreints d'une forte charge humaine et politique, affirmant que la patrie appartient à tous, et insistant sur la nécessité du retour de ces Marocains que l'on a bercés d'illusions et qui se trouvent aujourd'hui en Algérie, ainsi que sur leur participation à la vie politique et sociale de notre pays et leur jouissance de l'ensemble de leurs droits. Il a également plaidé pour une ouverture résolue sur les énergies jeunes des provinces du Sud, appelant à mettre leur ambition au service du pays depuis l'intérieur même des institutions, de manière à permettre à cette jeunesse de contribuer à la gestion de la chose publique et de prendre part à la vie politique et institutionnelle. Des mots qui dépassent la simple rhétorique de campagne pour dessiner une vision d'intégration nationale portée par le parti de la rose.

Revenant sur la stratégie électorale du parti, Driss Lachguar a rappelé, non sans une pointe de fierté légitime, que l'Union socialiste a été la première formation à annoncer et présenter ses candidats aux élections législatives, à un moment où d'autres partis se livrent encore à des luttes internes, soulignant que le parti a fait le choix d'une préparation précoce et organisée de cette échéance. Ce choix de l'anticipation, loin d'être un simple argument de communication, traduit une lecture stratégique de la compétition électorale : arriver en ordre de bataille quand d'autres formations restent empêtrées dans leurs tractations internes.

L'intervention du premier secrétaire s'est refermée sur un appel solennel à la probité électorale. Driss Lachguar a appelé à rompre avec toutes les pratiques et comportements portant atteinte au processus électoral, et à avancer vers l'ancrage de la transparence, de la crédibilité et de l'intégrité, de nature à renforcer la confiance dans les institutions et les échéances électorales. Un plaidoyer qui résume, à lui seul, l'ambition que l'USFP entend porter dans cette campagne : celle d'une opposition qui ne se contente pas de convoiter des sièges, mais qui entend redonner du sens et de la dignité à l'acte de voter.

Les travaux de cette rencontre nationale se sont poursuivis dans l'après-midi, consacrés à l'examen des nouveautés juridiques du système électoral, au contenu du programme électoral, à la gestion financière de la campagne, à l'appui logistique apporté aux candidates et candidats, ainsi qu'à l'organisation d'un exercice de simulation du dépôt électronique des candidatures. Autant de chantiers techniques qui, mis bout à bout, dessinent les contours d'une mobilisation méthodique, à l'image de l'ambition que l'Union socialiste des forces populaires nourrit pour ce rendez-vous décisif avec les électrices et les électeurs marocains.

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