Ile Maurice: Rivière-des-Créoles - La mangrove face à l'urgence plastique

Une trentaine de volontaires ont répondu à l'appel de Greenpeace Africa pour une première opération de nettoyage communautaire à Maurice, le samedi 25 juillet. Baptisée «Protez nu manglie, protez nou bouse manze», cette initiative vise à alerter sur la fragilité des mangroves, aujourd'hui menacées par l'accumulation des déchets, notamment plastiques.

Les mains plongées dans les détritus, les volontaires n'ont pas hésité à s'attaquer à la réalité des déchets qui s'accumulent dans la mangrove de Rivière-des-Créoles. Pour cette première activité officielle de Greenpeace Africa à Maurice, des sacs biodégradables ont été utilisés afin de collecter les bouteilles en plastique, emballages et autres débris qui asphyxient cet écosystème essentiel.

Avant le début du ramassage, les responsables de l'opération ont rappelé les précautions à prendre aux participants, notamment en cas de découverte d'objets dangereux comme des aiguilles, seringues ou morceaux de verre. Une fois la collecte terminée, les déchets récupérés ont été pesés afin de mesurer l'ampleur de la pollution dans cette zone.

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Parmi les volontaires présents figuraient des pêcheurs de la région, venus témoigner de l'importance des mangroves pour la vie marine et leurs activités. Selon eux, ces zones abritaient autrefois une importante richesse naturelle, notamment des camarons et des crevettes utilisés comme appâts pour la pêche.

Six ans après le naufrage du MV Wakashio au large de Pointe-d'Esny, les conséquences environnementales restent visibles. Les pêcheurs estiment que la zone porte encore les traces de cette catastrophe écologique majeure. «Il faut laisser cette région reprendre ses couleurs», explique Vinaye Baichoo. Selon lui, les pêcheurs devraient éviter de rechercher des appâts dans cette zone pendant plusieurs années afin de permettre à la mangrove de se régénérer. Il appelle également les visiteurs, campeurs et plaisanciers à adopter de meilleurs réflexes en apportant leurs propres sacs poubelles afin d'éviter que les déchets ne finissent en mer.

Pour Alia Mahamoodally, volontaire de Greenpeace Africa, la protection de l'environnement passe aussi par la sensibilisation des jeunes. «Il faut prendre conscience qu'il faut protéger la mer», souligne-t-elle, rappelant que les déchets plastiques, qui ne sont pas biodégradables, représentent une menace durable pour les écosystèmes marins.

À travers cette opération, Greenpeace Africa entend lancer une série d'actions à Maurice pour encourager une mobilisation citoyenne autour de la protection du littoral.

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