Dakar — La généralisation de la vaccination contre l'hépatite B à la naissance a permis de réduire significativement la prévalence de cette maladie au Sénégal, même si le niveau de circulation du virus demeure préoccupant, a indiqué le coordonnateur du Programme national de lutte contre les hépatites, le professeur Bamba Kane.
La prévalence de la maladie "est passée de 17 à 18 % au début des années 2000 à une fourchette comprise entre 5,7 et 10 % aujourd'hui, grâce notamment à l'introduction du vaccin dans le Programme élargi de vaccination (PEV)", a-t-il expliqué dans un entretien accordé à l'APS, en prélude de la Journée mondiale contre l'hépatite, le 28 juillet.
"Les enfants sont désormais systématiquement vaccinés à la naissance, ce qui explique cette tendance baissière", a relevé le spécialiste, selon lequel ces résultats restent toutefois "insuffisants" au regard du poids de la maladie.
Les hépatites demeurent souvent "silencieuses" et de nombreuses personnes ignorent leur statut, a souligné le professeur Kane, insistant sur l'importance du dépistage précoce, de l'observance des mesures hygiéno-diététiques et de l'accès aux traitements disponibles et subventionnés par l'État afin d'éviter les complications.
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Selon le professeur Bamba Kane, au cours de la semaine écoulée, le Programme national de lutte contre les hépatites a vacciné près de 1.000 étudiants de la Faculté de médecine et de pharmacie et 300 élèves de l'École nationale des infirmiers et sages-femmes, dans le cadre de ses campagnes de prévention.
Le Sénégal a adopté un plan stratégique national d'intégration visant la triple élimination des hépatites, du sida et de la tuberculose d'ici 2030, a signalé le coordonnateur du Programme de lutte contre les hépatites.
Le choix retenu cette année pour la Journée mondiale contre l'hépatite, à savoir "Elimination pour tous, partout et maintenant", se justifie par "le caractère préoccupant" de l'épidémie et le manque de connaissance de cette maladie silencieuse.
Aussi le professeur Kane lance-t-il un appel aux populations, en soulignant que le dépistage "est indispensable" pour connaître son statut et "prévenir les complications".
Il a dans le même temps invité les décideurs à faire la lutte contre les hépatites, "une priorité de santé publique".
"Il faut aider le Programme [national de lutte] à atteindre ses objectifs dont le principal est de rendre accessible les moyens de prise en charge des hépatites partout au Sénégal", a-t-il par ailleurs lancé à l'endroit des partenaires financiers.