Tchad: Le pays se retire de la CPI

Le gouvernement tchadien a officiellement annoncé son retrait de la Cour pénale internationale (CPI). En notifiant sa décision au secrétaire général des Nations unies, le 27 juillet, N'Djamena dénonce une justice jugée « sélective » et accuse l'institution de concentrer l'essentiel de ses enquêtes sur les pays africains, au détriment d'une justice internationale impartiale.

Le Tchad n'est plus lié au Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI. Les autorités tchadiennes ont officiellement transmis leur décision de retrait au secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, marquant ainsi une rupture avec l'institution chargée de poursuivre les auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide. Dans un communiqué, le ministère tchadien des Affaires étrangères explique que cette décision est le résultat d'un examen approfondi du fonctionnement de la CPI.

Sur les treize enquêtes ouvertes depuis la création de la Cour, neuf concernent des États africains. Parmi les sept personnes actuellement détenues par la CPI, six sont liées à des dossiers africains. Pour N'Djamena, ces statistiques illustrent une justice « à géométrie variable » qui cible principalement les pays du Sud, et plus particulièrement l'Afrique. Les autorités dénoncent une « sélectivité » dans les poursuites ainsi qu'une « instrumentalisation politique » de la Cour, estimant que certaines puissances échappent aux enquêtes tandis que les États africains demeurent les principales cibles.

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Le gouvernement tchadien affirme que cette situation ne correspond plus aux principes d'équité et d'universalité qui avaient motivé son adhésion au Statut de Rome. Il considère que le fonctionnement actuel de la CPI ne garantit plus une justice internationale impartiale. Ce retrait intervient dans un contexte où plusieurs pays africains ont, ces dernières années, exprimé des réserves sur l'action de la Cour, l'accusant de porter une attention excessive au continent africain. Malgré ces critiques, la CPI soutient que ses enquêtes répondent à son mandat juridique et qu'elles sont ouvertes sur la base des éléments de preuve disponibles ou à la demande des États concernés.

Avec cette décision, le Tchad rejoint les États qui contestent ouvertement le fonctionnement de la juridiction internationale, et relance le débat sur la représentativité, l'impartialité et l'efficacité de la justice pénale internationale.

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