Une baisse brutale de la vision d'un seul oeil, même en l'absence de douleur, peut traduire une occlusion des vaisseaux de la rétine, souvent appelée AVC de l'oeil. Perdre la vision d'un oeil, même sans douleur, n'est jamais anodin. L'AVC de l'oeil, aussi appelé occlusion artérielle ou veineuse rétinienne, correspond à une interruption brutale de la circulation sanguine dans les vaisseaux de la rétine. Il existe plusieurs formes d'AVC de l'oeil, aux conséquences plus ou moins sévères.
La plus redoutée est l'Occlusion de l'artère centrale de la rétine (OACR). Elle est l'équivalent d'un infarctus de l'oeil. L'artère principale qui irrigue la rétine se bouche brusquement, entraînant une perte de vision soudaine, indolore et quasi totale d'un oeil. La vision devient noire ou extrêmement floue. Sans rétablissement rapide de la circulation, les lésions deviennent irréversibles en quelques heures.
L'Occlusion de la veine centrale de la rétine (OVCR) est la plus fréquente. Dans ce cas, c'est le système de drainage du sang qui est bloqué. La baisse de vision peut être brutale ou progressive, souvent moins sévère que dans l'OACR. Toutefois, elle n'est pas bénigne : elle peut s'accompagner d'hémorragies et d'un oedème rétinien, entraînant parfois des séquelles définitives.
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Certaines occlusions n'affectent qu'une branche artérielle ou veineuse, touchant alors seulement une partie de la rétine. Cela provoque un scotome, une zone aveugle dans le champ visuel.
Quelle que soit la nature d'une baisse de vision soudaine, il est primordial de la considérer comme une urgence. Les causes de ces occlusions sont multiples, mais renvoient presque toujours à une mauvaise santé vasculaire. L'athérosclérose (dépôts de plaques dans les artères), l'embolie (caillot venant du coeur ou des carotides), l'hypertension, le diabète, le glaucome, les troubles de la coagulation ou les inflammations des vaisseaux (vascularites) sont autant de facteurs de risque.
Selon les spécialistes, un AVC de l'oeil ne survient jamais par hasard. Il peut être le premier signe d'un problème cardiovasculaire plus général. Un bilan complet s'impose donc, avec électrocardiogramme, échographie des carotides, bilan sanguin... Dans le cas de l'OACR, le traitement en phase aiguë reste controversé. Aucune stratégie n'a démontré une efficacité évidente pour restaurer la vision au-delà de 4 à 6 heures, c'est souvent catastrophique.
On peut tenter de faire baisser la pression intraoculaire, voire d'administrer des traitements anticoagulants ou une thrombolyse, mais le pronostic reste sombre. En revanche, pour l'OVCR, des traitements ciblés existent. On peut injecter dans l'oeil des anti-VEGF pour réduire l'oedème, utiliser le laser ou des corticoïdes en cas d'ischémie sévère. L'amélioration visuelle est possible, mais souvent partielle et des complications peuvent persister, comme un oedème maculaire ou une néovascularisation. Une perte soudaine de la vision doit être considérée comme une urgence absolue. En cas de symptôme, il faut consulter immédiatement un ophtalmologue ou se rendre aux urgences.
Comme pour un AVC cérébral, chaque minute compte, car la rétine est un tissu très sensible au manque d'oxygène. Plus l'intervention est rapide, plus les chances de sauver la vision et de prévenir d'autres AVC, notamment cérébraux sont grandes. Un AVC de l'oeil est un signal d'alarme qu'il faut savoir reconnaître et prendre au sérieux. Non seulement pour préserver la vision, mais aussi pour éviter des événements cardiovasculaires bien plus graves.