Le débat sur les fonds politiques, ces enveloppes surnommées « caisses noires », agite la classe politique sénégalaise. Une proposition de loi visant à encadrer leur utilisation a été jugée recevable par l'Assemblée nationale, à l'initiative de députés du Pastef. Mais des figures politiques et une partie de la société civile réclament des comptes sur la gestion de ces fonds durant les deux années où le chef du parti, Ousmane Sonko, a occupé la Primature.
Le président de l'ONG 3D, Moundiaye Cissé, réclame la publication des rapports d'utilisation des fonds de la Primature et de l'Assemblée nationale sur les deux dernières années, avant toute réforme. Une demande également portée par Babacar Bâ, du Forum du justiciable, qui interpelle directement le président de la République et le président de l'Assemblée sur les montants dont ils disposent.
Alors que le Pastef porte à l'Assemblée une proposition de loi pour les encadrer, Thierno Bocoum, président du parti d'opposition Agir, dénonce l'opacité qui entoure également les fonds utilisés par la Primature sous Ousmane Sonko, le chef du Pastef. « Lui-même avait déclaré que ces fonds étaient haram et il avait précisé qu'il fallait les contrôler. Les avoir utilisés pendant deux ans, et attendre jusqu'à deux jours de la rupture pour annoncer qu'il a reçu des fonds politiques, il y a un véritable problème », dénonce-t-il.
Le président a dix jours pour donner son avis
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Au Pastef, on rappelle qu'il s'agit d'une promesse de campagne ancienne, portée dès les programmes présidentiels de 2019 et 2024. Le texte porte sur seulement un type de fonds - les crédits spéciaux - et vise, selon le parti, à renforcer la transparence et le contrôle de leur usage.
Le président du groupe parlementaire, Ayib Daffé, balaie la polémique. « Chaque fois qu'on réforme, il y a toujours ces critiques par rapport au contexte de la réforme, mais je pense que c'est un engagement électoral. Il faut le tenir, d'autant plus que l'actuel président de l'Assemblée nationale, qui a été Premier ministre, avait soumis un texte au président de la République. On ne peut pas nous critiquer sur la pertinence du projet parce que ça vise la transparence », affirme-t-il.
Le texte a désormais été transmis pour avis au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qui dispose de dix jours pour se prononcer, sans obligation de le faire. Une session extraordinaire de l'Assemblée nationale devrait ensuite être convoquée pour l'examiner.