Sinématiali a accueilli le lancement officiel d'une fédération qui entend fédérer les coopératives minières autour de la formalisation, de la responsabilité et du développement durable.
La Fédération des coopératives minières de Côte d'Ivoire (Fecomci) a officiellement dévoilé sa vision pour la restructuration du secteur minier artisanal, le samedi 25 juillet 2026 à Sinématiali.
À travers cette cérémonie, organisée autour du thème « Organiser, Formaliser, Développer : les coopératives minières au service de la Côte d'Ivoire », la nouvelle organisation a affiché son ambition de contribuer à la professionnalisation de l'exploitation minière artisanale et de soutenir les efforts de l'État dans la lutte contre l'orpaillage clandestin.
La rencontre, tenue sur la place ADO de Sinématiali, a réuni autorités administratives, forces de défense et de sécurité, représentants du ministère de l'Environnement, chefs traditionnels ainsi que des délégations de coopératives minières venues de plusieurs régions du pays.
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Prenant la parole, le président de la Fecomci, Koné Seydou, a présenté les trois piliers qui guideront l'action de la fédération : organiser, formaliser et développer. Selon lui, il ne s'agit pas d'un simple slogan, mais d'une véritable feuille de route destinée à sortir le secteur de l'informalité.
« Notre ambition est de faire passer progressivement les acteurs de l'informel au formel, de l'isolement à l'organisation, de la précarité à la professionnalisation, de pratiques non maîtrisées à une exploitation responsable et de la simple extraction de richesses à la création durable de valeur », a-t-il déclaré, estimant que les ressources minières doivent contribuer davantage au développement économique et social des territoires.
Un appel à l'unité des coopératives
À cette occasion, Koné Seydou a lancé un appel aux coopératives minières de toutes les régions du pays afin qu'elles rejoignent la fédération. Pour lui, seule une organisation collective permettra de renforcer la crédibilité du secteur, de défendre les intérêts des exploitants artisanaux et de favoriser une meilleure gouvernance.
Le président de la Fecomci a également soutenu que la formalisation constitue l'un des moyens les plus efficaces pour réduire l'orpaillage clandestin. Il a rappelé que l'absence d'encadrement, la dispersion des acteurs et la persistance de l'informalité ont favorisé, ces dernières années, des pratiques illégales aux lourdes conséquences économiques, sociales et environnementales.
Les autorités appellent à une vigilance renforcée
Le préfet de Sinématiali, Gilbert Gueu, a salué cette initiative tout en mettant en garde les membres de la fédération contre toute dérive. Il les a invités à ne pas utiliser la structure comme couverture pour des activités illégales et a exhorté les dirigeants de la Fecomci à prévoir des mécanismes de sanctions contre les contrevenants. Aux chefs de villages et propriétaires terriens, il a demandé de signaler systématiquement toute activité minière suspecte sur leurs terres.
Le commandant du Groupement spécial de lutte contre l'orpaillage illégal (GSLOI), le lieutenant-colonel Doua Harding, a dressé un tableau préoccupant des conséquences de ce phénomène. Selon lui, l'orpaillage clandestin détruit les forêts, dégrade les terres agricoles, pollue les cours d'eau au mercure et au cyanure, alimente l'insécurité et compromet le développement durable.
Il a indiqué que les unités du GSLOI ont conduit 8 524 opérations de déguerpissement, saisi 135,854 kilogrammes d'or, 358 pelleteuses et traduit 4 560 personnes devant les juridictions compétentes. Il a également révélé que les opérations menées entre le 4 et le 21 juin 2026 sur les fleuves Comoé et Bandama ont permis la destruction de 654 dragues. Selon lui, la lutte sera davantage intensifiée conformément aux orientations arrêtées lors du Conseil national de sécurité du 23 juillet dernier.
La directrice régionale de l'Environnement et de la Transition écologique du Poro, Flan Germaine, a salué une initiative susceptible de contribuer à réduire le « désastre environnemental » provoqué par l'orpaillage clandestin, tout en assurant la Fecomci du soutien technique de son département ministériel.
Le maire de Sinématiali s'est, pour sa part, félicité du choix porté sur sa commune pour accueillir le siège de la fédération et a encouragé ses responsables à poursuivre leurs efforts de restructuration du secteur.
La cérémonie s'est achevée par l'adoption solennelle de la Déclaration de Sinématiali, par laquelle la Fecomci s'engage à accompagner l'État dans la formalisation et la professionnalisation du secteur minier artisanal, avant l'inauguration officielle de son siège.