C'est dans le cadre symbolique du Musée des civilisations noires que le ministre de l'Environnement et de la Transition écologique (METE), le Dr Aliou Gori Diouf, a procédé, hier mardi, au lancement officiel du projet pilote « JOJ Dakar 2026 sans pollution plastique ». La cérémonie placée sous le signe de l'engagement environnemental, a réuni plusieurs membres du corps diplomatique dont les ambassadeurs d'Allemagne et de Suisse, et des représentants des partenaires techniques et financiers, des élus territoriaux et des organisations de la société civile.
Mis en oeuvre par le ministère de l'Environnement et de la Transition écologique à travers le projet SOLIDPLAST, avec l'appui du Fonds pour l'Environnement mondial (FEM) et du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), ce projet pilote entend faire des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026 prévus du 31 octobre au 13 novembre prochains une référence internationale en matière de responsabilité environnementale et de gestion des déchets plastiques.
« Ces Jeux olympiques de la jeunesse nous offrent bien plus qu'une opportunité d'organiser un événement sportif d'envergure mondiale. Ils nous donnent l'occasion de démontrer qu'il est possible de concilier sport, performances organisationnelles, mais également responsabilités écologiques », a déclaré le ministre devant l'assemblée.
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Des chiffres alarmants qui appellent à l'action
Dans son allocution, le Dr Aliou Gori Diouf a dressé constat préoccupant de de la pollution plastique au Sénégal. S'appuyant sur les dernières études réalisées dans le cadre de l'élaboration de la feuille de route nationale de lutte contre cette forme de pollution, il a indiqué que la production annuelle de déchets plastiques au Sénégal est estimée à près de 496 000 tonnes, soit 27 kg par habitant, contre 250 000 tonnes en 2015. « En une décennie, vous constatez que la production au Sénégal de déchets plastiques a presque doublé », a-t-il souligné, précisant que cette hausse s'explique essentiellement par un changement des modes de vie et parune consommation toujours plus importante de produitsplastiques.
À l'échelle mondiale, la situation est tout aussi préoccupante. Plus de 430 millions de tonnes de déchets plastiques sont générées chaque année, dont près des deux tiers finissent dans les écosystèmes terrestres et marins, avec des conséquences négatives sur leur équilibre ainsi que sur la santé des populations.
Si le Sénégal s'est doté d'un arsenal juridique important, notamment avec la loi n° 2020-04 du 8 janvier 2020 relative à la préservation et à la réduction de l'incidence sur l'environnement des produits plastiques, le ministre a reconnu que « les résultats demeurent en dessous de nos attentes ». Il a évoqué la persistance de l'accumulation des déchets, la diffusion encore insuffisante des solutions alternatives, le renforcement nécessaire des dispositifs de contrôle ainsi que la présence continue de produits non conformes sur les marchés.
« Mais aucune loi, aussi ambitieuse soit-elle, ne suffira à elle seule de venir à bout de ce péril. La véritable réponse réside dans une transformation profonde de nos comportements, de nos habitudes de consommation, de nos modes de production et de notre rapport aux écosystèmes », a-t-il martelé, appelant à accélérer la transition écologique.
Faire de la jeunesse le moteur du changement
Au coeur de cette initiative il y a la volonté de placer les jeunes au premier rang de la mobilisation environnementale. À travers le programme « Jeunesse en Jeux », le ministère souhaite sensibiliser et engager plus de 300 000 jeunes autour des enjeux liés à la protection de l'environnement. Le Dr Aliou Gori Diouf les a invités à devenir « les ambassadeurs d'une nouvelle conscience écologique », portée par une conviction qu'il résume ainsi « nous ne protégeons pas les systèmes écologiques contre l'humain, nous les protégeons parce qu'ils rendent le développement humain possible ».
Au-delà de l'organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse, cette initiative traduit la vision défendue par le ministère de l'Environnement et de la Transition écologique, fondée sur un modèle de développement conciliant croissance économique, préservation des ressources naturelles et responsabilité environnementale. « Préserver les systèmes écologiques n'est pas une contrainte opposable au développement. C'est la condition même d'un développement capable de durer dans le temps », a conclu le Dr Aliou Gori Diouf, avant de procéder au lancement officiel du projet pilote « JOJ Dakar 2026 sans pollution plastique ».