Le marché africain des capitaux privés a connu un premier semestre 2026 contrasté. Le volume des opérations a reculé de 16 % par rapport à l'année précédente, pour s'établir à 211 transactions, ce qui marque la première baisse enregistrée au premier semestre depuis 2023. La valeur des investissements a augmenté de 65 % pour atteindre 3,7 milliards de dollars, soit le deuxième meilleur résultat semestriel des cinq dernières années. L'écart entre la taille moyenne des opérations (32 millions de dollars) et leur taille médiane (5 millions de dollars) indique que le marché est porté par quelques transactions de grande envergure plutôt que par une croissance généralisée.
Le nombre d'opérations de capital-risque a chuté de 34 % pour s'établir à 102, soit le niveau le plus bas enregistré au premier semestre depuis 2020. Il représentait néanmoins 48 % du volume des opérations et 43 % de leur valeur. Trois opérations supérieures à 250 millions de dollars ont représenté 40 % des capitaux mobilisés, soit près de quatre fois le chiffre de 2025. Les opérations de capital-investissement ont augmenté de 22 % pour atteindre 71, et celles de dette privée ont progressé de 8 % pour s'établir à 26, la valeur des investissements en dette atteignant un niveau record de 0,6 milliard de dollars.
Le secteur financier, principalement la fintech, a perdu sa position de leader pour la première fois ces dernières années. Les services aux entreprises et l'énergie ont absorbé plus de la moitié des capitaux mobilisés. L'activité dans les secteurs de l'AgriTech et de la HealthTech s'est intensifiée, indiquant un recentrage au-delà de la fintech.
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L'Afrique de l'Ouest s'est classée en tête en nombre de transactions avec 59 opérations. L'Afrique du Nord a dominé en valeur des transactions avec 1,1 milliard de dollars, grâce à des opérations dans les énergies renouvelables et l'industrie manufacturière. L'Afrique australe a perdu sa place de premier marché en valeur, ses investissements ayant chuté de 52 % pour s'établir à 0,5 milliard de dollars. L'Afrique de l'Est a dépassé l'Afrique australe en valeur grâce à une importante opération dans le secteur des véhicules électriques.
Les levées de fonds ont atteint 1,3 milliard de dollars répartis sur 13 fonds, soit une baisse de 9 % par rapport au premier semestre 2025, mais le nombre de fonds clôturés a presque doublé, passant de 7. Le délai moyen de clôture est tombé à 1,8 an, contre 2,7 ans auparavant. Le nombre de sorties s'est maintenu à 34, les cessions entre entreprises représentant 53 % du total, soit près du double de la part enregistrée l'année dernière, sous l'impulsion d'acheteurs nationaux.
Points clés à retenir
Les chiffres de l'AVCA s'inscrivent dans une tendance observée par différents observatoires du marché des start-ups africaines au premier semestre 2026. Selon le rapport « Africa: The Big Deal », les start-ups ont levé environ 1,4 milliard de dollars au cours de cette même période, un montant équivalent au total de l'année dernière, mais les capitaux ont été attribués à un nombre plus restreint d'entreprises, généralement mieux établies. Les levées de fonds inférieures à 500 000 dollars sont passées de 52 % des opérations en 2021 à 19 % au premier semestre 2026, et le nombre de start-ups ayant levé plus de 100 000 dollars a chuté à son plus bas niveau depuis au moins 2021.
TechCabal Insights a attribué cette évolution à la prudence des investisseurs mondiaux et à une préférence pour les entreprises présentant un chiffre d'affaires avéré. D'autres données estiment le financement du secteur technologique africain au deuxième trimestre 2026 à 260 millions de dollars, soit une baisse de 40 % par rapport à la même période de l'année précédente. Dans l'ensemble, ces chiffres montrent un marché du capital-risque qui n'a pas gagné en taille mais dont la portée s'est rétrécie, le financement se concentrant sur un groupe plus restreint d'entreprises à un stade avancé de développement.