Mali: Inculpation d'un créateur peul de vidéos qui dénonce le bilan de la transition

Un énième cas d'atteinte à la liberté d'expression au Mali. Le pôle judiciaire spécialisé contre la cybercriminalité a placé le 28 juillet sous mandat de dépôt et inculpé Djiby Barry - Djibril Sangaré à l'état civil -, ce « vidéoman » publie sur les réseaux sociaux des commentaires liés à l'actualité de la communauté peule, au sein de laquelle il est particulièrement suivi, ou sur des sujets de société. En l'occurrence, ce sont des propos critiques sur la transition et le général Assimi Goïta qui lui valent d'être poursuivi.

Dans la vidéo mise en cause, Djiby Barry dénonce l'absence de bilan, selon lui, de la transition au Mali, et relève que le général Assimi Goïta, président de transition, n'a jamais été élu.

Une opinion et un fait qui ont motivé son arrestation, le 24 juillet, par la brigade d'investigation du pôle spécialisé contre la cybercriminalité, alors qu'il assistait au concert d'une artiste peule de renom au Centre international de conférence de Bamako (CICB).

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Après avoir passé le week-end en garde-à-vue, Djiby Barry a été présenté le 27 juillet au procureur du pôle judiciaire puis, le 28 juillet, à un juge d'instruction qui l'a donc placé sous mandat de dépôt et inculpé pour « atteinte au crédit de l'État » et « publication de fausses informations par le biais d'un système d'information et de communication ».

Le juge a également demandé la traduction de plusieurs autres vidéos, dans lesquelles Djiby Barry s'exprime, en langue peule, sur le déguerpissement des marchés à bétail de Bamako ou encore sur le prix des animaux pendant la Tabaski.

Des informations recoupées auprès de plusieurs proches de Djiby Barry et de représentants communautaires.

Djiby Barry est membre de l'association peule Tabital Pulaaku, sans y exercer aucune fonction.

Sollicité par RFI, le procureur du pôle anti-cybercriminalité n'a pas donné suite.

Dans l'entourage de Djiby Barry, on déplore avec inquiétude une arrestation « abusive », visant - une nouvelle fois - à empêcher ou dissuader l'expression de la moindre critique ou insatisfaction vis-à-vis du régime en place. L'enquête judiciaire se poursuit. Aucune date n'a été fixée à ce stade pour un éventuel procès.

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