Afrique: Proposition FIFA forward entreprise - Le monde s'insurge, la CAF acquiesce

30 Juillet 2026

Si la proposition de Gianni Infantino de vendre la coupe du monde aux investisseurs a créé un onde de choc un peu partout dans le monde notamment dans les zones Uefa et Concacaf, en Afrique, elle pourrait être accueillie en grande pompe. Le Président de la CAF, Patrice Motsepe a déjà annoncé les couleurs dans un communique où il dit « soutenir l'augmentation des ressources financières et autres destinées au développement et à la croissance du football en Afrique et dans le monde ». Chacune des 211 Fédérations de la Fifa devrait toucher 20 millions de dollars soit plus de 11 milliards de F CFA.

Entre la Fifa et la CAF, c'est pour le meilleur et le pire. Surtout quand il s'agit de la distribution des millions de dollars.

Si la volonté du président Gianni Infantino de créer une société pour gérer ses activités commerciales et attirer des investisseurs extérieurs, a déclenché une vague de critiques, en Afrique, la CAF affiche déjà une position contraire.

Dans un communique publié sur son site hier, mercredi 29 juillet 2026 l'instance faitière soutient avoir reçu aujourd'hui (hier, Ndlr) une correspondance de la FIFA concernant l'initiative proposée « FIFA Forward Enterprise », conformément au processus de consultation en cours avec les Associations Membres de la FIFA et le Conseil de la FIFA ».

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Et d'ajouter, « dans le cadre de ce processus de consultation, le Président de la CAF, Dr Patrice Motsepe, tiendra une réunion du Comité Exécutif de la CAF la semaine prochaine afin, entre autres, d'examiner et d'évaluer l'initiative proposée « FIFA Forward Enterprise ».

La CAF encourage aussi ses Associations Membres à examiner la proposition FIFA Forward Enterprise et à participer au processus de consultation, conformément aux règlements de la CAF et de la FIFA ainsi qu'aux procédures établies.

En conclusion, la CAF indique qu'elle demeure « engagée à poursuivre les consultations et à travailler en étroite collaboration avec ses Associations Membres, la FIFA, les autres Confédérations de football et les parties prenantes, afin de soutenir l'augmentation des ressources financières et autres destinées au développement et à la croissance du football en Afrique et dans le monde ».

La messe est ainsi dite. Lors du congrès de Vancouver, les 54 associations ont annoncé un soutien à la réélection de Infantino pour un 4eme mandat.

Le monde s'insurge

L'UEFA ne s'est pas fait prier pour afficher son désaccord. Dans un communiqué, l'instance présidée par Alexander Čeferin déclare : "L'âme et la gouvernance du football ne sont pas des capitaux sur lesquels faire de la spéculation, surtout sans aucune transparence sur la destination des bénéfices financiers. Aucun d'entre nous n'est le propriétaire du football. Ce n'est pas à la Fifa de le vendre".

Même son de cloche au niveau de la Concacaf, la confédération d'Amérique du nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes, qui dans un édit écrit : "La Concacaf a été mise au courant par les médias, puis par un communiqué de presse. Nous sommes profondément préoccupés par ce procédé". La Concacaf partage "la déception de nombreux acteurs de notre région et du monde du football face au fait que ces détails aient été élaborés et rendus publics avant même qu'une discussion n'ait eu lieu avec les instances dirigeantes et les parties prenantes concernées."

Sepp Blatter, le prédécesseur de Gianni Infantino à la Fifa (1998-2015), dans un message sur X souligne : "La relation étroite entre le président de la Fifa (Gianni Infantino) et le président des États-Unis (Donald Trump) a pris une dimension financière qui porte un grave préjudice au football. Personne n'a le droit de vendre notre sport".

Andy Burnham, Premier ministre britannique, n'est pas en reste. Sur X, il écrit : "Le football n'appartient pas aux investisseurs" mais à ceux "qui remplissent les tribunes et qui se tiennent au bord du terrain semaine après semaine, qu'il pleuve ou qu'il fasse beau. La Coupe du monde n'est pas un produit. C'est la plus grande compétition du sport mondial, et elle n'a jamais appartenu à qui que ce soit pour être vendue."

Même son de cloche en France avec Philippe Diallo, président de la Fédération française (FFF), à la radio France Inter: "Nous avons découvert à travers un communiqué de presse un projet très important sur lequel nous n'avons aucun détail. Et qui (...) soulève beaucoup d'interrogations sans que les membres que nous sommes, fédérations, n'aient pu être associés et ne disposent d'aucun élément particulier pour se prononcer sur des sujets qui sont, évidemment, fondamentaux pour l'avenir du football".

Javier Tebas, président de la Ligue espagnole, aussi sur X fait remarquer : "Les compétitions et les droits commerciaux de la Fifa ne sont pas le patrimoine personnel d'Infantino. Celui qui mélange politique, discipline, argent et pouvoir sans transparence ne peut rien diriger. Infantino n'est pas la solution à la gouvernance de la Fifa. C'est le problème."

Elus démocrates de la commission judiciaire de la Chambre des représentants au Capitole, sur X soulignent : "Il semble que le faux Prix de la paix et le bail géant conclu avec la Trump Tower n'étaient pas suffisants. Maintenant, Gianni Infantino tente la passe de trois en cherchant un accord de plusieurs milliards de dollars avec le frère de Jared Kushner pour vendre des parts des droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Les fans de foot ont déjà été privés du Mondial par les tarifs excessifs des places, et les intérêts d'oligarques et de grandes entreprises vont maintenant encore plus ternir la beauté de ce jeu".

L'Association des supporters de football (FSA), dans un communiqué: estime que "Beaucoup de supporters sont rentrés de la Coupe du monde en pensant que la Fifa ne pouvait plus faire grand-chose pour abîmer ce qu'ils aiment dans la plus.

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