Cameroun: « Je ne fonctionne pas aux ragots de quartier » - Me Zeifman tacle Moussa Njoya

30 Juillet 2026

Me Zeifman répond à Moussa Njoya : « Je ne fonctionne pas aux ragots de quartier ». L'avocate de la famille Zogo remet les pendules à l'heure sur son rôle de pénaliste.

L'affaire Martinez Zogo, un feuilleton judiciaire qui n'en finit pas

Trois ans après l'assassinat du journaliste Martinez Zogo, le procès qui se tient devant le tribunal militaire de Yaoundé continue de réserver son lot de rebondissements. Chaque audience apporte son cortège de révélations, de tensions et de prises de position qui alimentent un débat public de plus en plus polarisé.

Le 24 juillet 2026, le capitaine Daniel Effoudou, ancien chef du bureau de renseignement à l'état-major particulier de la présidence de la République, a brisé trois ans de silence. Depuis son exil en Europe, il a désigné nommément le ministre d'État, secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, comme le « commanditaire » de l'assassinat.

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Une accusation d'une extrême gravité qui a provoqué une onde de choc au Cameroun.

Quand l'avocate de la partie civile « vole au secours » de l'accusé

Mais la surprise ne venait pas seulement des déclarations du capitaine. Elle venait aussi de la réaction de Me Félicité Esther Zeifman, avocate de la famille Martinez Zogo.

Dans une tribune qui a fait date, l'homme politique Moussa Njoya a accusé Me Zeifman d'avoir « littéralement volé au secours » de Ferdinand Ngoh Ngoh. Selon lui, l'avocate aurait pris la défense du ministre d'État en déclarant que « l'on ne condamne pas un homme sur des rumeurs recyclées ».

Une position qui, pour Njoya, interroge sur l'indépendance des avocats de la partie civile. « Quel est l'intérêt de Me Félicité Zeiffman, avocate de la partie civile, à se prononcer publiquement, urbi et orbi, en faveur de l'innocence de Ferdinand Ngoh Ngoh, qui n'est pas (encore) son client à ce que je sache ? », s'interrogeait-il.

La réponse cinglante de Me Zeifman : « Je ne fonctionne pas aux ragots de quartier »

Me Zeifman n'a pas tardé à répondre. Sa réplique, publiée sur les réseaux sociaux, est un modèle de fermeté et de dignité professionnelle.

« Monsieur Moussa Njoya, je vous répondrai quand vous aurez bien orthographié mon nom. »

La pique est immédiate. L'avocate au barreau de Paris et du Cameroun ne se laisse pas dicter sa conduite par des attaques personnelles.

Elle poursuit, plus sérieuse :

« Mais d'ores et déjà, sachez et retenez que j'aurai tenu les mêmes propos s'il s'était agi de vous. »

Une phrase qui résume l'essence de sa position : son combat n'est pas politique, il est juridique. Elle ne défend pas un homme, elle défend une méthode, une éthique.

« Jeter quiconque à la vindicte populaire pour des raisons inavouées qui n'ont pas trait au dossier m'insupporte. »

« Je suis PÉNALISTE. Et tant que tel, je ne fonctionne pas à l'émotion »

L'avocate enfonce le clou avec une clarté désarmante :

« Je suis PÉNALISTE. Et tant que tel, je ne fonctionne pas à l'émotion, aux ragots de quartier. »

Une profession de foi qui distingue radicalement le travail d'un pénaliste de celui d'un polémiste. Là où Moussa Njoya voit une prise de position suspecte, Me Zeifman voit l'application rigoureuse des principes du droit.

« J'ai sous mes yeux et sur ma table un dossier et c'est sur les éléments de ce dossier que je fonde ma stratégie et ma détermination. Aucun calcul ne me guide. Je ne fonctionne pas aux camerouniaiseries. »

La promesse d'une avocate déterminée

Me Zeifman ne s'arrête pas là. Elle adresse un message clair à ses détracteurs :

« Quand le moindre indice de participation de ce monsieur dont le nom est évoqué par vous à cet odieux assassinat sera exposé au grand jour, je m'emploierai avec la même vigueur et détermination à la recherche de la vérité pour mes clients. »

Une déclaration qui devrait faire réfléchir ceux qui l'accusent de complaisance. L'avocate promet d'être tout aussi impitoyable si des preuves sérieuses viennent à pointer Ferdinand Ngoh Ngoh.

La touche d'humour et de dignité

Enfin, une note d'humour qui en dit long sur son attitude face aux attaques :

« Enfin et pour rire, je constate que mon nom qui n'est pas bantou est bien sucré dans vos bouches. »

Une pique qui rappelle que Me Zeifman, avocate française d'origine camerounaise, reste une observatrice lucide des dynamiques communautaires et politiques qui traversent le débat public camerounais.

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