Madagascar: Vague de disparitions - Le chef de l'État réaffirme la thèse du complot politique

La situation sécuritaire à Madagascar a été abordée durant la rencontre du chef de l'État avec des membres de la diaspora malgache en Égypte. Dans sa prise de parole, il a réaffirmé la thèse de la déstabilisation politique.

Un complot politique. Le colonel Michaël Randrianirina, chef de l'État, a réaffirmé cette thèse durant sa rencontre avec des membres de la diaspora malgache, en Égypte, mardi soir, au sujet de la vague de disparitions qui sévit dans le pays depuis quelques semaines.

À s'en tenir au communiqué publié par la présidence de la Refondation de la République, un des membres de l'assistance a fait part de son appréhension à rentrer au pays, face à la situation sécuritaire.

« C'est justement cette peur que vous ressentez qu'ils cherchent. Ils veulent faire en sorte que Madagascar ait l'image d'un pays instable afin de pousser la communauté internationale à agir », réplique le locataire d'Iavoloha.

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Le chef de l'État regrette, par ailleurs, que le climat de psychose soit exacerbé par les réseaux sociaux. « Même les suicides sont assimilés à des cas de disparition suivie de meurtre », déplore-t-il, en affirmant que « malheureusement, des politiciens paient des jeunes sans emploi pour créer des comptes fake sur Facebook à cet effet ».

Paix sociale

Restant dans la ligne de la thèse du complot politique, il ajoute qu'après les enlèvements, « ils se tourneront vers l'incendie de centrales électriques et autres choses encore ». Des mots qui rappellent la teneur de la conférence de presse donnée par le directeur général par intérim de la Jirama, lundi. Il a fait état de soupçons de sabotage derrière l'incendie à la centrale d'Ambohimanambola, dimanche soir. Un événement qui a causé un blackout sur l'ensemble du Réseau interconnecté d'Antananarivo (RIA).

Le colonel Randrianirina reconnaît, cependant, qu'à l'instar d'autres pays, Madagascar n'est pas à l'abri des cas d'enlèvement. Il concède aussi « qu'en raison du manque de moyens des forces de l'ordre, les interventions sont relativement lentes ».

Il défend, néanmoins, que les Forces de défense et de sécurité (FDS) sont à pied d'oeuvre jour et nuit pour y mettre un terme et débusquer les responsables de ces crimes.

Le locataire d'Iavoloha affirme ainsi « qu'il y a déjà eu plusieurs arrestations. Plusieurs personnes sont sous mandat de dépôt ». Il répond cependant à ceux qui réclament que les identités des accusés dans les affaires de disparition soient révélées, en mettant en avant le principe de la présomption d'innocence. À l'entendre, il s'agit aussi de préserver l'ordre public et les vindictes populaires, prenant l'exemple des faits d'Ambositra, la semaine dernière.

Quoi qu'il en soit, la psychose engendrée par la vague de disparitions de ces dernières semaines engendre une tension sociale préoccupante. Le moindre fait inhabituel, le moindre inconnu de passage dans un quartier est suspecté d'avoir de mauvaises intentions. Le moindre ouï-dire tend à motiver une vindicte populaire. Il suffit d'être avec un enfant en pleurs, dans un lieu public, pour être accusé de kidnapper et voir s'abattre sur soi la rage de la foule. Au-delà des hypothèses sur d'éventuels complots, il semble urgent de rassurer la population pour préserver la paix sociale.

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