Un cadre de la Banque mondiale fait l'état des lieux. Pour une surprise, c'en est vraiment une. On ignore pour le moment s'il s'agit d'une formalité de complaisance ou d'une véritable évaluation à défaut de pouvoir rêver d'un audit dans les règles de l'art. En presque un demi-siècle de coopération avec les bailleurs de fonds traditionnels, il s'agit d'une première. C'est déjà un premier pas même si on n'est pas sûr qu'un lapin ne se trouve pas sous le chapeau.
On jubile à chaque fois que les bailleurs de fonds décaissent des sommes astronomiques et qu'on se félicite d'avoir leur faveur, mais le fait est que rien que depuis 2019, les conditions de vie ne se sont pas améliorées, la pauvreté n'a pas reculé et les projets n'ont aucun impact sur l'économie. La balance commerciale reste déficitaire, les recettes douanières sont loin des minima en Afrique, les recettes fiscales restent symboliques, le taux de chômage galope tout comme le taux d'inflation. Malgré tout, la prévision de croissance est positive. Allez comprendre quelque chose.
Le ministre de l'Économie et des Finances a déclaré que le taux de décaissement des subventions internationales atteint à peine 30% et que deux milliards de dollars de projets n'ont pas été exécutés. Mais même si les fonds ne sont pas utilisés, il faut payer les intérêts.
Le FMI envisage de son côté de décaisser 183 millions de dollars si les engagements de Madagascar sont tenus.
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Les deux bailleurs de fonds agissent de différentes manières. La Banque mondiale débloque des fonds pour différents projets sans se soucier des résultats alors que le FMI octroie des fonds sous conditions et avec un engagement solennel de tenir des engagements.
Dans les deux cas, le développement tend vers moins l'infini.
En Afrique, les choses sont en train de changer. Le Burkina Faso sous l'impulsion d'Ibrahim Traoré, aux manettes depuis 2022, a tourné le dos aux bailleurs de fonds et ne compte que sur ses propres forces comme le voulait le président Ratsiraka. Bien lui en prit puisque le changement est palpable de manière visuelle et dans la gestion des finances de l'État.
Mais le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, successeur d'Ali Bongo Odimba depuis 2023 fait plus fort. Il s'insurge contre la notation de son pays par les bailleurs de fonds alors que les projets ne sont pas terminés à l'image d'une route de 32 km et de l'adduction d'eau à Libreville. « Ce sont des dettes que je n'ai pas contractées et qui m'ont été imposées », a-t-il déclaré fermement.
Les projets n'ont jamais apporté le développement en Afrique pour la simple et bonne raison qu'ils ne sont pas productifs ou n'enrichissent que les donneurs alors que les emprunteurs croulent sous le poids de la dette.
Il faut des hommes aux mains de fer, qui ont une poigne et du cran pour mettre fin à cette situation. Pour cela, il faut un sacré courage politique.