La République Démocratique du Congo a lancé, ce lundi à l'Hôtel Béatrice, un atelier national sur les enjeux de la mobilité climatique, réunissant décideurs publics, partenaires techniques et financiers ainsi que représentants de la société civile. Organisé conjointement par le Ministère de l'Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat (MEDD-NEC), l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) et la FAO, cet atelier se tient du 27 au 29 juillet 2026.
Dans son discours d'ouverture, Son Excellence Madame la Ministre Professeure Marie Nyange Ndambo a situé le contexte national, marqué par une intensification des crises humanitaires et environnementales. Elle a rappelé que « la République Démocratique du Congo compte aujourd'hui environ 5,8 millions de déplacés internes, dont la majorité subit l'effet combiné de la guerre et des aléas climatiques ».
Au cours des cinq dernières années, plusieurs provinces notamment le Tanganyika, le Sud-Kivu, la Tshopo, le Kasaï Central et la ville de Kinshasa ont été touchées par des événements climatiques extrêmes, entraînant des mouvements massifs de populations. Face à cette situation, la Ministre a souligné que « les pressions migratoires qui s'en sont suivies n'ont pas laissé le Gouvernement de la République indifférent ».
Au-delà des défis, le Gouvernement entend transformer cette problématique en levier d'action stratégique. « La gestion de ces événements extrêmes représente certes des défis importants, mais également des opportunités en termes d'adaptation et d'alignement de nos stratégies de lutte contre le changement climatique », a déclaré la Ministre, insistant sur la nécessité d'une approche multisectorielle et coordonnée.
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L'atelier s'inscrit dans des cadres régionaux et continentaux, notamment la Déclaration de Kampala sur la Migration, l'Environnement et le Changement Climatique (KDMECC) adoptée en 2022 sous l'égide de l'Union africaine, ainsi que les initiatives de la SADC sur la mobilité humaine liée au climat. Il vise à approfondir la compréhension des interactions entre migration, environnement et changement climatique, en s'appuyant sur des données probantes.
Les travaux, articulés autour d'exposés et de discussions de groupe, devraient permettre d'alimenter l'alignement des engagements internationaux de la RDC, en particulier sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0), avec les cadres régionaux relatifs à la mobilité climatique.
Exprimant ses attentes, la Ministre a formulé le voeu que « les résultats de cet atelier permettent de définir une approche intégrée d'une stratégie d'adaptation et d'un cadre de gouvernance national qui prennent en compte la mobilité humaine ».
Durant trois jours, les participants sont appelés à formuler des recommandations concrètes pour renforcer la résilience des communautés affectées et améliorer la gouvernance des déplacements liés aux changements climatiques.
Cet atelier marque une étape importante dans la volonté de la RDC de structurer une réponse nationale cohérente face aux défis croissants de la mobilité humaine induite par le changement climatique.