Entre les attaques des rebelles, la progression de l'épidémie d'Ébola et les tensions politiques, la RDC continue d'égrener au quotidien son lot de problèmes. Ce juillet 2026 de nous a montre un pays aux prises avec ses mille et une difficultés qui tangue dangereusement vers la rupture des fragiles équilibres qui maintiennent en place le régime de Félix Tsishekedi.
En effet, on assiste depuis 3 jours à un regain de la tension politique avec une manifestation de rue dans le nord et le sud Kivu, particulièrement à Goma, mais aussi dans le l'Ituri et à Kinsasha. La raison de ce regain de tension politique, l'aval du Conseil constitutionnel pour la loi sur le référendum qui pourrait modifier la loi fondamentale.
Dans la capitale, c'est la coalition des partis d'opposition, la C64, et les organisations de la société civile (OSC) qui lui sont proches qui ont publié une déclaration virulente contre "le coup d'État en gestation... la rébellion judiciaire" avec de graves risques de déstabilisation sévères des institutions de la République, selon elle.
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Comme en échos, à Goma, la coalition des OSC que l'on sait cornaquée par les rebelles du M23/AFD prenait d'assaut les principales artères de la ville avec les slogans du genre : ''Nous voulons la paix, pas de référendum", " non à un 3e mandat", "Félix Tsishekedi, c'est échec et mat ''. Devant le siège du gouvernorat régional, c'est l'administrateur général installé par les rebelles depuis que Goma est tombé sous leur contrôle qui est venu réceptionner le message des manifestants.
Ils y lancent un appel au président Tsishekedi, aux partis politiques, à l'Union africaine et aux Nations unies, d'oeuvrer à l'application des accords de paix et de sortie de crise, selon le laïus des organisateurs de la marche aux médias. C'est le même message chez les leaders de la C64 qui, avant la publication de leur déclaration ont été reçus par l'archevêque de Kinsasha, Monseigneur Fridolin Ambogo, l'un des facilitateurs du dialogue avec le pouvoir.
Si rien n'a filtré de cette audience, on se doute que l'opposition congolaise lui a réaffirmé son opposition au projet de révision de la loi fondamentale et stigmatisé l'arrêt du Conseil constitutionnel qui a validé la tenue du référendum.
Du reste, dans cette lancée, les opposants au président Félix Tsishekedi, ont fixé un ultimatum au pouvoir afin qu'il abandonne son projet de référendum constitutionnel dans une déclaration publique avant le 15 août prochain. Ils appellent leurs militants à rester mobiliser dans l'attente de futurs mots d'ordre.
Avant que l'opposition et les rebelles n'accentuent leur pression contre le pouvoir à Kinshasa, le gouvernement avait étalé dans les médias l'accord obtenu pour un désarmement et un retour au Rwanda d'anciens combattants des FDLR. Ce désarmement est l'une des closes importantes de la mise en oeuvre de tous les accords de paix signés avec le M23/AFD et Kinsasha veut ainsi montrer son engagement pour la paix. Peine perdue, puisque 72 heures après le battage médiatique sur l'évènement, opposants et rebelles persiflaient et sifflaient contre la volonté du président Tsishekédi de s'ouvrir la voie d'un 3e mandat.
Celui qui était arrivé au pouvoir en 2017 à l'issue d'une élection présidentielle contestée et après un "arrangement à l'africaine", selon un diplomate européen, voudrait prolonger son bail présidentiel en tordant le coup à la loi fondamentale. Ce n'est plus un ''arrangement '' mais une volonté de passage en force car, Félix Tsishekedi et son gouvernement restent sourds aux appels de leur opposition à " un dialogue national ". Mais pendant combien de temps son pouvoir tiendra-t-il en place face à 2 fronts de bataille. L'un contre une opposition politique en colère et l'autre contre une rébellion bien incrustée dans l'est du pays.
Alors balloté sur le grill, le régime Tshisekedi est-il en sursis ? La C64 et son ultimatum du 15 août est-elle en mesure d'imposer le dialogue national ou la casse ? Bien malin qui saura répondre à ces questions avec certitude.
La RDC, un concentré de contradictions, est un cas atypique de revirement spectaculaire de situations de par le passé. Qui sait si opposants et rebelles qui persiflent et sifflent contre Félix Tsishekedi pourront empêcher le passage en force du pouvoir pour un 3e mandat de son champion ? Et si l'onction du Conseil constitutionnel à la loi sur le référendum était le signe précurseur du chien aboie, la caravane passe ?