Sauf nouveau glissement de calendrier, la concertation nationale proprement dite est attendue en ce mois d'août. Annoncée comme le pilier du processus de refondation engagé par les autorités, cette séquence demeure toutefois entourée d'incertitudes.
Des incertitudes. Plusieurs inconnues restent encore à déterminer dans l'équation de la concertation nationale alors que le mois d'août, mois indiqué pour le début des débats proprement dits, s'annonce. Des incertitudes qui suscitent des interrogations sur la possibilité de tenir le délai de vingt-quatre mois inscrits dans le chronogramme de la Refondation.
L'État a conféré une pleine compétence au Conseil oecuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) pour la conduite de la concertation nationale. Pareillement pour la méthodologie et la confection d'un calendrier pour la conduite des débats. Des débats que cette institution ecclésiale veut mener à partir des Fokontany, en passant par des communes, puis les régions, les provinces et enfin, au niveau national.
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Pourtant, depuis la publication d'un calendrier sommaire, le 21 juin, le FFKM observe un silence prolongé sur le sujet. Dans ce calendrier, il est indiqué qu'après une période de préparation durant les mois de juin et juillet, le vif des débats démarrera en ce mois d'août et sera conclu en mars 2027. Les travaux de synthèse « des aspirations du peuple » et la rédaction des documents techniques sont aussi prévus durant cette période. Il en est de même pour l'élaboration d'un projet de Constitution et des projets de lois électorales.
Selon des indiscrétions, le FFKM attendrait le retour au pays de l'un des quatre chefs d'Églises qui serait actuellement à l'étranger, pour se pencher sur les détails du calendrier des débats inhérents à la concertation nationale. Ce flottement alimente pourtant les interrogations sur la possibilité de tenir les échéances affirmées par les tenants du pouvoir.
Dans le chronogramme de la Refondation remis à la Communauté de développement de l'Afrique australe, le 28 février, l'État s'engage à tenir un référendum ou une élection constitutionnelle et une élection présidentielle, avant la fin de l'année 2027. Cependant, la concertation nationale y est présentée comme un préalable incontournable pour concrétiser une refondation institutionnelle nécessaire avant ces élections.
Dialogue politique
Bien que sommaire, le calendrier publié par le Conseil oecuménique bouscule les différentes étapes inscrites dans le chronogramme élaboré par l'État. Toutefois, la fin du processus de concertation pour mars 2027, comme le prévoient les Églises, devrait permettre de rester dans les temps pour les échéances électorales voulues. Cependant, chaque report réduit mécaniquement la marge de manoeuvre et fragilise l'objectif de clore la transition dans les délais impartis.
Dans ce contexte, les concertations sectorielles en vue de la concertation nationale, dont la concertation des jeunes, dernièrement, peinent à dissiper les doutes. Le lancement officiel de la refonte de la liste des électeurs vient néanmoins structurer le volet électoral du processus. Le but étant d'avoir un registre des électeurs exhaustif, fiable et prêt en vue d'éventuelles échéances électorales avant fin 2027.
Lors de la rencontre avec des membres de la diaspora en Égypte, mercredi, le colonel Michaël Randrianirina, chef de l'État, a réaffirmé l'objectif de tenir des élections d'ici la fin de l'année 2027. Il a, par ailleurs, introduit une nouvelle variable dans le processus de la refondation. Le locataire d'Iavoloha a annoncé qu'un dialogue politique est en gestation. Sa rencontre avec les anciens présidents Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina, en début de semaine, en serait le prélude.
L'officier supérieur a également indiqué que ce dialogue politique se tiendrait en parallèle à la concertation nationale. « Nous allons encore avoir des discussions et nous verrons après comment mener ces discussions. (...) Si ce dialogue politique se déroule bien, il n'y a pas de raison de douter de la tenue des élections de décembre 2027 », seraient les mots du chef de l'État, selon les médias ayant fait partie du voyage présidentiel en Égypte.
Cette nouvelle configuration pourrait traduire une volonté de compartimenter les débats sensibles. À savoir, isoler dans un cadre purement politique les questions clivantes comme les conditions politiques préalables aux élections, les conditions d'éligibilité et les règles du jeu électoral. Et permettre ainsi à la concertation conduite par le FFKM de se concentrer sur la réforme de la Constitution et des institutions.
Reste à savoir si cette dissociation renforcera l'efficacité du processus ou, au contraire, accentuera les suspicions d'exclusion de certains acteurs. Reste à savoir aussi si les deux processus avanceront réellement en parallèle, ou si le dialogue politique ne finira pas par prendre le pas sur la concertation nationale. Distinguer les deux démarches pourrait aussi être dans un souci d'optimiser le temps. Quoi qu'il en soit, chaque étape qui sera lancée durant ce mois d'août pourrait être déterminante pour le respect du chronogramme de la Refondation.