Réunis à Lungi, en Sierra Leone, le 19 juillet dernier, lors de leur 69e session ordinaire, les chefs d'État et de gouvernement de la CEDEAO ont confirmé le lancement de la monnaie unique ECO en 2027. Toutefois, son entrée en vigueur se fera de manière progressive, seuls les États respectant les critères de convergence macroéconomique participant à la première phase de l'union monétaire.
Les dirigeants de la Communauté Economique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont réaffirmé, le 19 juillet 2026 à Lungi, en Sierra Leone, leur volonté de lancer la monnaie unique ECO en 2027. Réunis à l'occasion de la 69e session ordinaire de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement, ils ont toutefois acté un changement majeur dans la mise en œuvre du projet, à savoir que l'adoption de la nouvelle monnaie ne sera plus simultanée, mais progressive.
Contrairement au calendrier initial, qui prévoyait une entrée en vigueur commune pour tous les États membres, la CEDEAO a retenu une approche graduelle. La première phase concernera uniquement les pays satisfaisant aux critères de convergence macroéconomique. Les autres bénéficieront d'un accompagnement technique et institutionnel afin de rejoindre ultérieurement l'union monétaire.
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Cette réorientation fait suite aux constats dressés lors du sommet d'Abuja, en décembre 2025, où les chefs d'État avaient relevé d'importants retards dans le respect des critères de convergence ainsi que dans l'exécution de la feuille de route du projet ECO. Depuis, la Commission de la CEDEAO et les gouverneurs des banques centrales de la sous-région ont multiplié les concertations afin de dégager un consensus sur les questions institutionnelles et techniques encore en suspens.
La marque ECO officiellement enregistrée
Les chefs d'État se sont également félicités de l'enregistrement officiel de la marque « ECO » auprès de l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), considéré comme une avancée significative dans la concrétisation du projet. Des démarches sont désormais engagées afin d'assurer la protection internationale de cette dénomination. Dans le même temps, la Commission de la CEDEAO, en collaboration avec l'Agence monétaire de l'Afrique de l'Ouest (AMAO), a été chargée d'intensifier les consultations avec les gouverneurs des banques centrales. L'objectif est d'élaborer des propositions consensuelles sur les questions techniques restantes, qui seront soumises à la Task Force présidentielle chargée du programme de la monnaie unique.
La Guinée intègre la Task Force
Le sommet a également approuvé la demande de la Guinée d'intégrer la Task Force présidentielle dédiée au projet ECO. La Commission a reçu pour instruction de convoquer une réunion de cette instance avant le sommet ordinaire de décembre 2026, en concertation avec le président ivoirien Alassane Ouattara, seul chef d'État encore en fonction parmi les membres fondateurs de ce groupe de travail. Le communiqué final ne précise toutefois pas les modalités d'intégration des États membres de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dont le Sénégal, dans le futur dispositif monétaire régional. Cette question demeure l'un des principaux enjeux du projet, ces pays continuant d'utiliser le franc CFA, dont la parité est garantie par un arrimage à l'euro.
Un projet plusieurs fois reporté
Lancé il y a plus de vingt ans, le projet ECO constitue l'un des piliers de l'intégration économique ouest-africaine. La monnaie unique ambitionne de réduire les coûts liés aux conversions monétaires, de limiter les risques de change et de faciliter les échanges commerciaux, ainsi que les paiements transfrontaliers au sein de la sous-région. Initialement prévue pour 2020, son introduction a été reportée à plusieurs reprises en raison du non-respect des critères de convergence par plusieurs États membres. À l'approche de l'échéance de 2027, la CEDEAO privilégie désormais une mise en œuvre progressive afin de préserver la crédibilité et la viabilité du futur espace monétaire commun.