Pendant une semaine, des patients venus de différents horizons ont franchi les portes d'une campagne chirurgicale gratuite portée par la communauté Dawoodi Bohra à Madagascar. Derrière les interventions médicales, ce sont des histoires humaines qui se racontent : des douleurs silencieuses, des années d'attente et, enfin, la promesse d'une nouvelle vie.
Cette initiative a été organisée par le département Santé et Bien-être de la communauté Dawoodi Bohra, en partenariat avec l'organisation philanthropique internationale Project Rise, en collaboration avec le ministère de la Santé publique et les hôpitaux publics locaux. Ensemble, ils ont mobilisé des spécialistes bénévoles venus de différents pays et des professionnels de santé malgaches pour atteindre des communautés où l'accès aux soins spécialisés est souvent difficile.
Dans la ville d'Antsiranana, le camp médical a étendu son offre de soins en cardiologie, gastro-entérologie, médecine générale, dermatologie, ORL, ophtalmologie, chirurgie dentaire, orthopédie, gynécologie, neurologie, chirurgie générale et urologie. Les patients avaient également accès à des analyses de laboratoire, des échographies, à une pharmacie et, si nécessaire, à des examens d'imagerie médicale avancée.
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Guidée par la vision de Sa Sainteté Syedna Mufaddal Saifuddin d'apporter un soutien médical à la population malgache, cette communauté indienne continue de collaborer étroitement avec des partenaires locaux afin d'améliorer l'accès aux soins et de renforcer le bien-être collectif.
Selon les statistiques fournies par l'organisation, plus de sept cent cinquante patients ont été examinés et deux cent cinquante interventions chirurgicales ont été réalisées. Derrière ces chiffres, il y a surtout des histoires humaines : celles de femmes et d'hommes qui attendaient parfois depuis des années une solution à leurs problèmes de santé, mais qui n'avaient pas les moyens nécessaires pour se soigner.
Un rendez-vous avec l'espoir
Certains avaient attendu des mois pour pouvoir consulter un spécialiste. D'autres avaient repoussé une intervention chirurgicale faute de moyens financiers. Le coût des soins, les déplacements et les difficultés d'accès aux spécialistes constituaient des obstacles difficiles à franchir. D'autres avaient parcouru de longues distances dans l'espoir de recevoir un traitement qui leur semblait jusqu'alors inaccessible. Cette fois, la porte s'est ouverte.
Qu'il s'agisse de recouvrer la vue, de soulager des douleurs chroniques ou de soigner une affection de longue date, pour de nombreux patients, le camp représentait bien plus qu'une visite de routine chez le médecin. Plusieurs ont pu bénéficier d'une prise en charge médicale complète, depuis les consultations préopératoires jusqu'au suivi après l'intervention.
Les témoignages recueillis auprès des patients traduisent une profonde reconnaissance envers les organisateurs et les équipes médicales. Beaucoup saluent un geste de générosité qui dépasse le cadre sanitaire pour devenir un véritable acte d'humanité. « J'avais progressivement limité mes déplacements à cause de mon problème de santé, tout en croyant que ma situation ne changerait jamais. Je pensais ne jamais pouvoir bénéficier d'une intervention spécialisée. Mais, grâce à cette opération gratuite, j'espère pouvoir reprendre mes activités quotidiennes sans douleur », a partagé Georgine Tombosoa, mère de famille d'Ambalakazaha, ayant subi une opération d'un fibrome.
Dans les couloirs du centre médical, les regards traduisent à la fois l'appréhension et l'espérance. Pour les patients et leurs accompagnateurs, la journée n'est pas une simple consultation. Elle représente l'aboutissement d'une longue attente. La douleur qui accompagnait leur quotidien appartient désormais au passé. Certains avancent encore avec prudence, d'autres affichent déjà un sourire retrouvé.
« Le camp reflète la vision humanitaire de Sa Sainteté, qui inspire la communauté Dawoodi Bohra à servir l'humanité par la compassion, la collaboration et le développement communautaire durable. Derrière chaque patient, il y a une histoire, une famille et un espoir que nous voulons préserver », a expliqué Murtaza Mustali, volontaire de Project Rise à Madagascar, tout en précisant que plus de cinq mille six cents membres de la communauté Dawoodi Bohra vivent dans l'océan Indien.