Le Centre du Riz pour l'Afrique (AfricaRice) abritait depuis lundi un atelier régional de formation des formateurs sur la mise en oeuvre sur le terrain des Bonnes Pratiques Agronomiques (BPA) adaptées aux conditions locales, de la gestion de la fertilisation et de la gestion des adventices.
L'objectif est de renforcer les capacités des institutions publiques et privées sur le sujet. La rencontre a duré trois jours et a réuni une dizaine de participants représentant chacun des pays membres du projet REWARD, une initiative régionale visant à transformer les chaines de valeur du riz en Afrique de l'Ouest grâce à des systèmes de production résilients face au changement climatique, à l'amélioration de la transformation du riz et au renforcement des liens avec les marchés.
« Cet atelier a une importance particulière parce qu'il a regroupé pratiquement des membres de 14 pays de l'Afrique de l'Ouest, venus pour renforcer leurs capacités en termes de bonnes pratiques rizicoles et de la gestion des mauvaises herbes. Il a permis aux participants d'avoir des connaissances qui vont leur permettre effectivement de dérouler les programmes eux-mêmes dans leur pays et permettre à leurs producteurs d'améliorer la productivité de façon beaucoup plus efficace et efficiente pour augmenter leurs revenus », a fait savoir le Dr Aly Ibrahim, chercheur agronome et représentant régional d'AfricaRice au niveau de la station du Sahel. Cela a permis de montrer aux participants les différentes technologies ayant été développées avec pour but d'améliorer efficacement la productivité.
Pour Amadou Ndiaye, de la Direction Régionale du Développement Rural (Drdr) de Saint-Louis, cette formation des formateurs est importante en ce sens qu'elle va impacter plus tard les producteurs. « Nous suivons de près les activités agricoles qui sont à presque 80% dominées par la riziculture. Utiliser des bonnes pratiques pour la riziculture va nous permettre non seulement d'augmenter les rendements mais aussi de préserver les ressources que nous avons ici, à savoir l'eau et la terre.
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En réalité, le programme de formation permettra aux participants de pouvoir orienter toute activité concernant les opérations de culture de riz au niveau de leurs pays respectifs et de changer drastiquement tout ce qui était une mauvaise pratique et d'aller vers une bonne pratique qui va forcément impacter sur la sécurité alimentaire et aussi préserver nos ressources », a-t-il déclaré.
Abordant dans le même sens, le coordinateur du projet REWARD, Dr Edgar Valentin Traoré, a rappelé que celui-ci intervient sur tout ce qui concerne le riz depuis la semence jusqu'à la récolte et même l'aspect post-récolte à savoir la commercialisation. « Le projet REWARD est financé par la BAD et concerne 14 pays de la sous-région ouest africaine.
Tous ces 14 pays sont membres de AfricaRice et travaillent à développer la production du riz au niveau local afin de réduire la dépendance sur l'importation », a-t-il expliqué tout en précisant que l'augmentation de la production passe par l'augmentation de la productivité. Il s'agit selon lui de monter leur productivité à environ 7 tonnes à l'hectare et qui dépendra de la technicité de leurs producteurs.
« Il faut d'abord faire le bon choix de la variété qui doit répondre d'abord aux écologies dans lesquelles on les affecte. Mais elle doit également répondre à la demande du marché. Donc, la formation des formateurs, c'est de rendre chaque pays autonome vis-à-vis de la formation endogène. Parce que chaque pays doit pouvoir accompagner son secteur rizicole en termes de développement des capacités des producteurs et des autres acteurs.
Pour le Directeur du Centre de Recherches Agricoles (CRA) de l'ISRA de Saint-Louis, Dr Omar Ndaw Faye, il est important d'investir sur le renforcement des capacités dans la mise en oeuvre des bonnes pratiques. « Nous avons des superficies de terres cultivables. Les superficies sont là, mais ce sont des rendements qui sont très faibles.
La moyenne en Afrique est entre 2 à 3 tonnes à l'hectare. Donc, c'est un rendement faible. Et pour renforcer et améliorer ces rendements, il nous faut développer des bonnes pratiques. La recherche a pour objectif de développer des technologies qui sont utilisées par les acteurs notamment les producteurs de riz. Mais pour l'utiliser dans la pratique, cela demande un timing qu'il faut respecter », a-t-il conclu.