Yamoussoukro accueille depuis ce jeudi 30 juillet la 25e édition des Journées scientifiques du Syndicat national des cadres supérieurs de la santé de Côte d'Ivoire (SYNACASS-CI).
Pendant trois jours, près de 200 spécialistes venus de Côte d'Ivoire et de plusieurs pays africains échangent sur les conséquences de la pollution environnementale sur la santé humaine et animale, avec pour ambition de renforcer les stratégies de prévention et d'améliorer les politiques publiques.
Placée sous le thème « Pollution environnementale : pathologies humaines et animales », cette édition réunit médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, vétérinaires, enseignants-chercheurs, administrateurs de la santé, partenaires techniques et décideurs autour d'une problématique devenue un enjeu majeur de santé publique.
La cérémonie d'ouverture s'est déroulée en présence du ministre de l'Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Abou Bamba, du Directeur général adjoint de la Santé, Tia Mamadou, représentant le ministre de la Santé, ainsi que de plusieurs autorités administratives et scientifiques.
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Le Synacass-Ci appelle à une mobilisation face aux défis sanitaires
Dans son allocution inaugurale, le secrétaire général du SYNACASS-CI, Dr Guillaume Esso Akpesse, a présenté le thème de cette rencontre comme un véritable « cri d'alarme » face à la dégradation accélérée de l'environnement. Selon lui, la pollution de l'air, de l'eau et des sols, les déchets toxiques ainsi que les effets du changement climatique favorisent l'apparition de nombreuses maladies, notamment les affections respiratoires chroniques, certains cancers liés aux substances chimiques, les maladies infectieuses émergentes, les troubles neurologiques et métaboliques, sans oublier les zoonoses.
« On ne peut pas protéger durablement la santé des populations sans protéger leur environnement », a-t-il déclaré, plaidant pour un renforcement de la législation environnementale, de la surveillance épidémiologique, des capacités diagnostiques ainsi que de l'éducation sanitaire et environnementale. Il a également insisté sur la nécessité d'une coopération renforcée entre les différents acteurs afin de relever ces défis.
Le gouvernement mise sur l'approche « Une Seule Santé »
Présidant l'ouverture officielle des travaux, le ministre Abou Bamba a rappelé que les questions environnementales sont désormais indissociables de la santé publique. Pollution atmosphérique, contamination des eaux et des sols, mauvaise gestion des déchets toxiques ou encore effets du changement climatique constituent, selon lui, autant de facteurs aggravant les risques sanitaires.
« Protéger l'environnement, c'est protéger la santé. Protéger la santé, c'est protéger notre développement », a-t-il affirmé, tout en appelant à une mise en oeuvre renforcée de l'approche « Une Seule Santé » (One Health), qui promeut une gestion intégrée de la santé humaine, animale et environnementale.
Le ministre a également évoqué les enseignements tirés de la crise des déchets toxiques survenue à Abidjan en 2006, soulignant la nécessité de maintenir une vigilance constante face aux risques environnementaux. Il a présenté plusieurs initiatives gouvernementales portant notamment sur le renforcement du cadre juridique de protection de l'environnement, la lutte contre l'orpaillage clandestin, l'amélioration de la gestion des déchets, la surveillance des maladies liées aux changements climatiques et la mise en oeuvre de la stratégie nationale d'adaptation climatique. Selon lui, près de 1 750 milliards de FCFA sont mobilisés dans ce cadre pour renforcer la résilience climatique, les systèmes de surveillance épidémiologique et les infrastructures sanitaires.
Pour sa part, Tia Mamadou, représentant le ministre de la Santé, a salué la présence du ministre de l'Environnement, y voyant l'illustration de la volonté des pouvoirs publics de consolider la collaboration entre les secteurs de la santé et de l'environnement.
Jusqu'au 1er août, les participants débattront des déterminants de la pollution environnementale, des pathologies humaines et animales qui en découlent, des maladies métaboliques associées ainsi que des stratégies de prévention. Conférences, symposiums, ateliers de formation, communications scientifiques et expositions rythmeront ces assises, dont les recommandations sont attendues pour renforcer la prévention, le diagnostic et la prise en charge des maladies liées à la pollution en Côte d'Ivoire.