Madagascar: Soupçons d'enlèvement - Les vindictes populaires se multiplient

Dans la capitale et le Vakinankaratra, des enlèvements présumés ont viré au lynchage. Deux suspects ont été tués.

Parmi les dizaines d'individus accusés, à tort, d'être des ravisseurs d'enfants et lynchés par la foule, deux ont perdu la vie. L'un a été passé à tabac le 9 juillet à Tsaramasay, l'autre, avant-hier, sur le marché de Dango, à Faratsiho.

Ce dernier, un homme d'une trentaine d'années souffrant de troubles mentaux, a été brûlé vif après avoir été soupçonné d'avoir tenté de kidnapper un enfant de 6 ans. Ses proches et le comité local de sécurité ont pourtant confirmé qu'il ne s'agissait pas d'un ravisseur. Sur place, la cheffe du district, Alberthine Ravololotinarisoa, le député Nomenjanahary Ramilison et le maire Valohery Mampionona ont condamné cette justice expéditive et rappelé qu'ôter la vie à un individu constitue un crime.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Ces violences collectives s'ajoutent à une série d'incidents déclenchés par des rumeurs d'enlèvement. À Antsirabe, un enfant en pleurs, accompagné de sa soeur, a été pris pour une victime. La foule, prête à lyncher cette dernière, s'est rassemblée devant le commissariat d'Ambohimena. Leur mère est finalement intervenue pour confirmer qu'il s'agissait bien de sa fille, mettant fin à la confusion.

Confiance

Le commissaire divisionnaire de police Talily Damy, directeur régional de la Sécurité publique du Vakinankaratra, a expliqué que plusieurs signalements de tentatives d'enlèvement se sont finalement révélés être des malentendus ou des situations impliquant des personnes souffrant de troubles mentaux.

« À Vohijanahary, Betafo et Faratsiho, les individus désignés comme ravisseurs étaient des personnes souffrant de troubles mentaux », affirme le directeur. Il a également évoqué des cas de faux enlèvements, où certains simulaient leur propre rapt afin de soutirer de l'argent à leurs proches.

Tous ces événements font écho aux premiers cas de vindictes populaires survenus début juillet à Antananarivo, où des suspects ont été pris à partie par la foule. La Police nationale a réaffirmé que seule la justice est habilitée à trancher et que la propagation de fausses informations sur les réseaux sociaux peut avoir des conséquences dramatiques.

La confiance envers les forces de l'ordre et le respect des procédures légales sont présentés comme les seules garanties pour protéger la société et éviter que la peur ne se transforme en violence.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.