Sénégal: 18 Safar 2026 - Le Magal des « Makarim Al-Akhlaq »

La cité religieuse de Touba accueillera demain dimanche 2 août, correspondant au 18 Safar, des millions de fidèles venus célébrer le Grand Magal.

Cette commémoration perpétue la recommandation de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké de rendre grâce à Dieu pour les bienfaits reçus durant les épreuves de son exil. Instituée en 1921 cette journée de gratitude trouve son fondement dans cet appel du fondateur du mouridisme : « Quant aux bienfaits que Dieu m'a accordés, ma seule et souveraine gratitude ne les couvre plus.

Par conséquent, j'invite toute personne que mon bonheur personnel réjouirait à s'unir à moi dans la reconnaissance à Dieu, chaque fois que l'anniversaire de mon départ en exil le trouve sur terre ». Pour cette édition, le khalifat général des Mourides a retenu pour thème : « Makârim al-Akhlâq », les nobles vertus coraniques, exaltant la droiture, la générosité, le pardon, le sens de la mesure et l'humanisme.

Touba, deviendra, ce dimanche, le principal lieu de convergence de la communauté mouride et plus largement, musulmane. Depuis le début du mois du mois de Safar, des pèlerins affluent de toutes les régions du pays et de la diaspora pour répondre à l'appel du 18 Safar, date qui rappelle le départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké.

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Au-delà de sa portée historique, cette journée revêt une profonde signification spirituelle. Elle célèbre la fin des épreuves infligées au fondateur du mouridisme, déporté au Gabon en 1895, puis exilé en Mauritanie de 1903 à 1907 avant d'être placé en résidence surveillée à Thieyène de 1907 à 1912, puis à Diourbel de 1912 à 1927. Chaque anniversaire du 18 safra ravivait pour le Cheikh, le souvenir de ces épreuves.

« En ce jour, j'ai obtenu la totalité des avantages que je sollicitais auprès de l'Eternel »

C'est à Diourbel, alors qu'il attendait à revivre ces mêmes épreuves, que Cheikh Ahmadou Bamba reçut l'assurance divine que le temps des épreuves était achevé. Il donna tout son sens à cette célébration en déclarant : « La peine est levée, toute la mission, qui t'as été confié, a été remplie. Tu as obtenu ce à quoi tu aspirais. Il m'a, en ce jour, exaucé au point que j'y ai obtenu la totalité des avantages que je sollicitais auprès de Dieu.

Quant aux bienfaits que Dieu m'a accordés, ma seule et souveraine gratitude ne les couvre plus. Par conséquent, j'invite toute personne que mon bonheur personnel réjouirait de s'unir à moi dans la reconnaissance à Dieu, chaque fois que l'anniversaire de mon départ en exil le trouve sur terre ». À partir de 1921, il institua le Magal comme une journée de reconnaissance envers le Créateur.

Réjouissances, valeurs de partage au service de la spiritualité

Cheikhoul Khadim précisa aussi les modalités de cette célébration. A l'acte de dévotion, il associa le « Berndé » consistant à offrir généreusement repas, boissons et collations aux visiteurs comme au plus démunis. Cette tradition fait du Magal, un moment de partage, de solidarité, de paix et d'entraide au sein des « Dahiras » et des différentes communautés de fidèles.

Cette dimension fraternelle s'accompagnée ne nombreuses pratiques spirituelles, à travers des récitations du Coran, de séances de Zikr, de lecture des Khassaïdes, des causeries consacrées au Prophète (PSL) et à la doctrine mouride, dans le respect de la « Sunna » et des enseignements de de Khadimou Rassoul ».Pour les pèlerins, le Magal de Touba est aussi l'occasion d'accomlir les « Ziar », visites pieuses aux sanctuaires, aux mausolées des Khalifes et hauts lieux spirituels de Touba, renouvelant leur engagement et leur allégeance au fondateur du mouridisme.

Magal 2026 : Touba à l'école des «Makârim al-Akhlâq »

Pour l'édition 2026, le Khalife général des Mourides et le comité d'organisation ont placé le Magal sous le thème des « Makârim al-Akhlâq », les nobles vertus prescrites par le Coran. Ce choix traduit la volonté de promouvoir des valeurs essentielles telles que la droiture, la générosité, le pardon, le sens de la mesure et de l'humanisme, dans un contexte où ces principes sont souvent mis à l'épreuve.

Par la voix de son porte-parole Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre, les autorités religieuses ont invité les pèlerins à adopter, durant le Magal, comme au quotidien, des comportements inspirés des enseignements de l'Islam, fondés sur la morale, la fraternité et le respect d'autrui.

La préservation du caractère sacré de Touba et de l'ordre public comme fortes recommandations

Les autorités religieuses ont également rappelé la nécessité de préserver le caractère sacré de Touba, fondée en 1888 par Cheikh Ahmadou Bamba, ainsi que de veiller au strict respect des interdits et de l'ordre public.

Elles ont, en outre, appelé les médias à faire preuve de responsabilité dans la couverture de l'événement, en privilégiant les récitals du Saint Coran, les causeries religieuses et les enseignements spirituels, tout en s'abstenant de diffuser des images, déclarations ou comportements contraires aux fondements du mouridisme, souvent amplifiés par les réseaux sociaux. Cette recommandation a pour objectif de préserver l'esprit de recueillement et de communion voulu par le fondateur de la confrérie.

Après le rappel à Dieu de Cheikh Ahmadou Bamba, en 1927, son premier successeur, Cheikh Mouhamadou Moustapha Mbacké, demeura fidèle à l'héritage spirituel légué par son père en perpétuant la célébration du 18 Safar à Touba comme dans les autres foyers du mouridisme.

La forme actuelle du Grand Magal trouve toutefois son origine en 1948, lorsque le deuxième Khalife général, Serigne Fallou Mbacké, décida d'unifier cette célébration à Touba. Depuis lors, ce rendez-vous n'a cessé de prendre de l'ampleur, au point d'être aujourd'hui considéré, cent cinq ans après son institution, comme le plus grand rassemblement religieux d'Afrique.

Cette pérennité témoigne de la fidélité des disciples à l'héritage de Cheikh Ahmadou Bamba et de la vitalité d'une célébration qui conjugue, chaque année, mémoire historique, ferveur spirituelle, transmission des valeurs et solidarité entre les fidèles.

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