Malgré un premier vote indicatif peu favorable à Macky Sall, dans la course au Secrétariat général de l'ONU, le Pr Moussa Diaw, enseignant en Science politique à l'Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis et expert en Relations internationales et Géopolitique, estime que l'ancien président sénégalais conserve des chances.
Selon lui, seule la capacité des membres du Conseil de sécurité à « trouver un consensus autour d'une candidature » sera véritablement décisive pour désigner le futur patron des Nations unies (ONU).
En lice face à quatre autres candidats, l'ancien président sénégalais, Macky Sall, a connu une entrée en matière délicate lors du premier scrutin indicatif organisé avant-hier, jeudi 30 juillet 2026, par le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU). Classé derrière les favoris, parmi lesquels la Costaricaine Rebeca Grynspan, l'ancienne ministre guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett et l'argentin par ailleurs Directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, l'ancien chef de l'État sénégalais a vu certains observateurs l'écarter prématurément de la course pour le Secrétariat général de l'ONU.
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Une lecture que ne partage pas le Pr Moussa Diaw, enseignant en Science politique à l'Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis. Selon le spécialiste en Relations internationales et Géopolitique, ce vote n'a qu'une valeur d'orientation. « C'est un test, mais ce n'est pas déterminant », insiste-t-il, rappelant que le processus de désignation est encore loin de son terme. A l'en croire, les prochaines réunions du Conseil de sécurité, réunissant les cinq membres permanents et les dix membres élus, seront décisives. « En fonction des résultats et surtout s'il y a consensus, c'est le candidat retenu qui sera proposé à l'Assemblée générale », explique-t-il.
Le spécialiste souligne également que les équilibres diplomatiques peuvent encore rebattre les cartes. « Un candidat peut très bien rattraper un mauvais test, car ce qui compte au final, c'est la décision du Conseil de sécurité », affirme-t-il. Les discussions, les négociations et la recherche d'un compromis entre les grandes puissances pèseront davantage plus que les résultats de ce premier vote informel.
Par contre, pour Moussa Diaw, une autre variable pourrait jouer en faveur d'une concurrente. « Jamais l'Organisation des Nations unies n'a été dirigée par une femme », rappelle-t-il, estimant qu'une candidature féminine, notamment celle de Rebeca Grynspan, bien placée lors de ce premier test, pourrait bénéficier d'un contexte favorable. Mais il reste prudent : « Rien n'est gagné pour l'instant, la procédure se poursuit jusqu'à son terme ».
Interrogé sur l'idée d'une alternance géographique qui favoriserait automatiquement un candidat africain, l'universitaire balaie cette hypothèse. « On ne respecte pas souvent les considérations géographiques », tranche-t-il, estimant que les compétences, le profil, la vision du candidat ainsi que sa capacité à rassembler autour du multilatéralisme demeurent les principaux critères.
Il faut noter que le processus de désignation va se poursuivre, avec d'autres votes indicatifs, jusqu'à l'automne, avant que le Conseil de sécurité ne recommande un candidat à l'Assemblée générale des Nations unies pour validation.
Pour rappel, la candidature de Macky Sall a été initialement présentée par le Chef de l'Etat du Burundi, président en exercice de l'Union africaine (UA), avec le soutien de plusieurs chefs d'État africains, avant de recevoir au dernier moment l'appui officiel du Sénégal.