Ile Maurice: Une unité syndicale inédite forgée dans la contestation

Au-delà du débat sur le Finance Bill, le sit-in organisé devant l'Assemblée nationale aura marqué un tournant pour le mouvement syndical. Depuis mercredi matin et jusqu'à hier soir, les représentants réunis au sein de la Platform Komun Syndikal se sont relayés sans interruption. Une mobilisation qui, selon eux, a permis de créer une unité sans précédent entre les différentes organisations.

Pour Sharvin Sunassee, négociateur de la General Workers Federation, cette cohésion est le fruit d'un combat amorcé, il y a plus d'un an, contre la réforme des pensions. «L'année dernière, lorsque le gouvernement a annoncé les premiers changements, un mouvement est né. La cause était importante et tout le monde a répondu à l'appel lancé par Atma Shanto. Cette année, les centrales syndicales nous ont rejoints et, aujourd'hui, c'est la première fois dans l'histoire que tout le monde est réuni», affirme-t-il.

Il se réjouit également du soutien manifesté par de nombreux citoyens durant les quatre jours de mobilisation. Des passants sont venus apporter de l'eau, des biscuits, des fruits ou simplement quelques mots d'encouragement. «Cette solidarité est belle à voir. On ne peut pas dire que le mouvement n'apporte rien. Il y a eu une évolution entre les premières propositions et ce qui est présenté aujourd'hui», soutient-il.

Pour le président de l'Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE), Arvind Bhojun, la contestation dépasse désormais la seule question de la pension. Selon lui, plusieurs acquis sociaux sont progressivement remis en cause. «On touche aujourd'hui à l'éducation, à la santé et maintenant à la pension. Beaucoup de Mauriciens ont voté pour un changement et une meilleure qualité de vie. Aujourd'hui, ils constatent que leurs droits sont remis en question», déclare-t-il.

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Bougies en main, les manifestants ont prolongé leur sit-in vendredi soir par une veillée devant le Parlement pour maintenir la pression sur le gouvernement.

Le syndicaliste rappelle également que le contexte économique rend ces réformes encore plus difficiles à accepter. «Le coût de la vie continue d'augmenter, beaucoup de familles sont endettées et l'on demande encore aux personnes âgées de faire des sacrifices en repoussant leur départ à la retraite.»

Selon lui, la population suit de près les décisions prises par les élus. «Les Mauriciens sont patients, mais ils n'oublieront pas. Les députés écrivent aujourd'hui une page qui pourrait compter lors des prochaines élections générales.»

Hier soir, les syndicats ont prolongé leur mobilisation par une veillée aux chandelles, symbole de leur détermination à entretenir la flamme de la contestation. Plus tôt dans la journée, les députés Joanna Bérenger et Chetan Baboolall étaient venus leur témoigner leur soutien avant de rejoindre l'Assemblée nationale.

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