La République démocratique du Congo tente de ne pas oublier les victimes de ses guerres de ces trois dernières décennies dans l'Est du pays. Des conflits qui font des millions de morts au fil des ans. Les autorités parlent du GENOCOST, le génocide pour des gains économiques, et cherchent une reconnaissance internationale. Comme c'est le cas depuis 3 ans, la journée a été célébrée hier à Kinshasa. Le président Félix Tshisekedi a présidé la cérémonie officielle au Mémorial du Genocost et a - une nouvelle fois - dénoncé l'agression du Rwanda et de l'AFC/M23, tout en réaffirmant l'engagement de l'État en faveur de la vérité, de la justice et des réparations.
Devant le mémorial du Genocost, des victimes chantent un choeur en sanglots. Parmi elles, une femme, rescapée de violences sexuelles et devenue orpheline au cours du conflit. La voix tremblante, elle raconte aussi la perte de son mari, tué par un obus lors de la prise de Goma par l'AFC/M23 au début de l'année 2025 : « Le sang des innocents crie vengeance. Le sang des victimes crie vengeance. Que les auteurs répondent de ce qui nous a été fait. »
Et en face d'elles, le président Félix Tshisekedi : « Votre souffrance ne sera jamais reléguée à l'oubli. Votre dignité ne sera jamais négociée. Votre droit à la vérité, à la justice, à la réparation et à la sécurité sera défendu. »
Plusieurs chantiers destinés à structurer une politique publique de mémoire ont été annoncés. Il s'agit notamment de la création d'un musée national du Génocost qui devra conserver les archives, les témoignages, les preuves matérielles et les travaux scientifiques. Le Parlement est invité à adopter de nouveaux textes pour renforcer la justice transitionnelle, protéger le patrimoine mémoriel et lutter contre la falsification de l'histoire. Kinshasa annonce vouloir poursuivre son plaidoyer afin de faire progresser la reconnaissance des crimes commis en RDC.
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Mais le prix Nobel, Denis Mukwege, dresse un tout autre constat. Alors que le président affirme agir pour mettre fin aux cycles de violences qui endeuillent, le médecin l'accuse, avec son régime, de vouloir malgré tout modifier la Constitution afin de prolonger un mandat censé s'achever en 2028. Denis Mukwege qualifie cette initiative de « démarche dangereuse ». Selon lui, elle pourrait une nouvelle fois entraîner une déstabilisation interne, alimenter les tensions et faire inutilement couler le sang des Congolais.
Nous commémorons nos morts parce que c'est un devoir de mémoire, parce que c'est un rempart essentiel contre l'oubli.