« Derrière chaque rumeur non vérifiée, des vies humaines sont en danger » : c'est l'alerte lancée ce week-end dans un communiqué à Madagascar par un collectif de cinq organisations spécialisées dans l'éducation aux médias.
La vague de disparitions inexpliquées et d'actes criminels ayant récemment touché la Grande Île s'est accompagnée d'une prolifération de rumeurs sur les réseaux sociaux et jusque dans les quartiers, entraînant dans certains cas des vindictes populaires. Le collectif rappelle certains réflexes de base pour vérifier l'information et appelle les autorités à faire de l'éducation aux médias « une priorité stratégique » pour prévenir les violences.
Des accusations infondées autour de disparitions, des informations trompeuses, inexactes voire montées de toutes pièces... L'ONG malgache CID (Communication Idea Development) en a détecté dans 148 contenus diffusés en ligne entre le 1er et le 10 juillet.
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« On remarque une prédominance des théories du complot ou des théories conspirationnistes sur des sacrifices humains liés à l'exploitation minière. On observe aussi un mécanisme qu'on appelle le "doxxing", consistant à montrer directement le visage de la personne, un homme dans tel quartier accusé de faire un enlèvement. Il subit un lynchage au niveau des réseaux sociaux, et c'est directement transposable dans la vraie vie », explique Fanny Rakotomamonjy, la directrice exécutive adjointe de l'ONG.
Augmentation des discours haineux en ligne
Les discours haineux en ligne ont augmenté de 45 % en juillet comparé au mois précédent selon l'ONG CID. Avec les autres signataires du communiqué, elle recense également quatre vindictes populaires parties de simples rumeurs. « On recommande aux citoyens de vérifier les sources de l'information avant de relayer et d'(y) croire. Est-ce que c'est une source vraiment crédible et légitime ? Si c'est une source anonyme, le niveau de fiabilité est au plus bas. On leur demande aussi de croiser les sources, de voir si d'autres médias parlent du cas par exemple afin de comparer les informations. La meilleure réponse, c'est vraiment d'apprendre aux gens à avoir un esprit plus critique sur les réseaux sociaux », ajoute Fanny Rakotomamonjy.
Cette dernière suggère ainsi aux autorités d'organiser une vaste campagne de sensibilisation via les médias ou le système éducatif.