Maroc: Les coulisses d'une mobilisation diplomatique - Comment l'USFP a pesé sur la position de l'Internationale Socialiste concernant les événements survenus à Sebta

48 heures. C'est le temps qu'il aura fallu aux instances dirigeantes de l'Union Socialiste des Forces Populaires pour engager une série de démarches diplomatiques discrètes mais déterminées, en réaction aux événements humanitaires survenus à Sebta et Melilla.

Une réaction en chaîne à l'échelle internationale

Dès les premières heures qui ont suivi les événements, les canaux de la diplomatie partisane se sont activés. L'objectif : faire entendre, au sein des organisations socialistes internationales, une lecture équilibrée d'un dossier trop souvent réduit à ses dimensions sécuritaires ou instrumentalisé à des fins politiciennes.

Le résultat de cette mobilisation ne s'est pas fait attendre. L'Internationale Socialiste a publié un communiqué sans ambiguïté, rappelant que la migration constitue un phénomène mondial complexe, qui appelle la coopération plutôt que la manipulation politique. Le texte insiste sur la nécessaire articulation entre respect des droits humains, lutte contre les réseaux de traite des êtres humains, riposte aux campagnes de désinformation et renforcement de la coopération interétatique -- la migration y étant présentée comme une responsabilité partagée, qu'aucun État ni acteur ne saurait assumer seul.

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Le communiqué situe explicitement les « événements de Sebta » dans ce contexte mondial élargi, une manière d'aborder le dossier qui rejoint une approche fondée sur la neutralité à l'égard des questions de souveraineté, privilégiant les angles humanitaires et politiques les plus larges.

L'Internationale des jeunesses socialistes mobilisée

Le volet jeunesse n'a pas été en reste. Au sein de l'Union Internationale des Jeunesses Socialistes (IUSY), la Jeunesse Ittihadie -- qui occupe la vice-présidence de l'organisation -- s'est employée à échanger avec les membres de la présidence afin de les éclairer sur la nature complexe du dossier migratoire et sur la question de Sebta occupée.

Cette démarche a permis de rappeler que la migration ne se réduit ni à un enjeu sécuritaire ni à une simple question frontalière, mais constitue un défi à la fois humain, politique et développemental, nourri par des facteurs multiples : conflits, déséquilibres économiques, réseaux de traite, sans oublier les campagnes de désinformation propagées sur les réseaux sociaux. Un constat qui, selon la jeunesse ittihadie, appelle une réponse collective fondée sur la solidarité internationale et le partage des responsabilités.

Lachguar : « Ne pas faire commerce de la douleur des gens »

Ces prises de position internationales font écho aux propos tenus par le Premier secrétaire de l'USFP, Driss Lachguar, pour qui le commerce de la souffrance des victimes ne saurait en aucun cas servir de socle à une quelconque posture politique. Il a souligné que la responsabilité de faire face à ce phénomène complexe incombe à tous, mettant en garde contre toute tentative de tirer profit politique des vies perdues.

Le Premier secrétaire a par ailleurs appelé à ne pas perdre de vue que les drames de la migration irrégulière ne datent pas d'aujourd'hui, et que leur traitement exige davantage de responsabilité et de coopération, plutôt qu'un échange d'accusations stérile.

Une diplomatie partisane qui porte ses fruits

Ces démarches, menées par les instances dirigeantes de l'USFP au sein des organisations socialistes internationales, traduisent une capacité d'influence réelle en faveur de positions privilégiant la dimension humaine du dossier migratoire. Elles rappellent que la gestion de la migration ne saurait se faire à coups de rhétorique populiste ni en faisant porter la responsabilité à une seule partie, mais bien à travers une coopération internationale respectueuse des droits humains et attentive aux causes profondes des flux migratoires -- une approche que le Maroc ne cesse de défendre dans les différentes instances internationales.

 

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