Tunisie: Crise du secteur laitier - Le ministère de l'Agriculture pointe un cumul de facteurs climatiques

3 Août 2026

Le ministère de l'Agriculture a imputé la crise du secteur laitier en Tunisie à un cumul de facteurs structurels et conjoncturels, tout en énumérant une série de mesures prises depuis 2020 pour tenter d'endiguer la dégradation de la filière.

Dans une réponse à une question écrite adressée par des députés à l'Assemblée des représentants du peuple (ARP), le département a pointé les répercussions des changements climatiques, notamment les sécheresses récurrentes et la rareté de l'eau, qui ont réduit la production de fourrages grossiers et accentué la dépendance des éleveurs aux aliments composés.

À cela s'ajoute la flambée sans précédent des prix des matières premières fourragères sur les marchés mondiaux, créant un déséquilibre durable entre les coûts de production et les prix de vente. Le ministère a également relevé des fragilités structurelles, dont l'éparpillement du secteur et la petite taille des troupeaux, qui exposent davantage les petits éleveurs aux chocs économiques et climatiques.

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Face à ces difficultés, le ministère a affirmé avoir organisé six conseils ministériels consacrés à la filière entre 2020 et 2024. Ces réunions ont abouti à plusieurs décisions, notamment la révision à trois reprises du prix minimum garanti du lait à la production, passé de 945 millimes à 1.340 millimes le litre entre août 2020 et février 2023, ainsi que l'augmentation de la prime de collecte à 115 millimes le litre au profit des collecteurs, des centres de refroidissement et des industriels.

Par ailleurs, en coordination avec le ministère du Commerce, les prix des aliments pour bétail ont été plafonnés pour limiter l'impact de la hausse des coûts sur les éleveurs et préserver le cheptel. Le ministère a aussi mentionné l'élaboration d'un plan national de promotion de la production fourragère, conçu selon une approche participative associant les différents intervenants du secteur.

Enfin, il a indiqué avoir préparé un programme national de reconstitution du cheptel, destiné à compenser le déficit de la ressource animale, et a assuré que les textes d'application nécessaires à son opérationnalisation sont en voie de finalisation, afin de restaurer l'équilibre de la filière.

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