C'est un phénomène qui revient régulièrement dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et au-delà : des rumeurs de vol de sexe. Le sujet a défrayé la chronique dans plusieurs régions du Togo ces dernières semaines. Des rumeurs relayées et amplifiées par les réseaux sociaux, qui ont parfois provoqué des scènes de violence, mais fermement démenties, à la fois par le monde médical et par les autorités, qui appellent les Togolais à ne pas céder à la panique, ni à se faire justice.
Une simple poignée de main, une sensation de froid et un sexe qui disparait. Voilà le type de rumeur qui circule sur les réseaux sociaux et dans plusieurs localités au Togo ces dernières semaines, comme dans les régions de Kara, Sokodé, et même Lomé. Sauf que dans tous les cas rapportés, les examens médicaux sur les supposées victimes n'ont jamais rien montré d'anormal.
« La vieille dame est accusée. Elle vient dans cette maison faire la lessive. Bizarrement, le garçon de 19 ans l'accuse que son sexe a disparu. À l'écouter, quand la vieille l'a salué, lui a eu peur et s'est rapidement souvenu de ce qu'il a vu sur les réseaux sociaux. Il a senti un froid et son sexe a disparu. On descend le pantalon, tout est en place », explique Nouhoun Amamdou, enseignant-chercheur en philosophie des sciences à l'université de Kara. Il a pu suivre ces affaires au commissariat.
Un climat de peur
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Un effet de la peur, lié aux publications sur les réseaux sociaux et conjugué aux croyances mystiques. « Sur le plan sociologique, je peux dire que c'est la peur, l'incertitude qui s'expliquent par plusieurs facteurs, comme les croyances culturelles. On accuse aussi des gens à tort parce que peut-être qu'on a des ressentiments contre telle catégorie de personnes. Ces rumeurs expriment aussi des angoisses collectives, et c'est comme la question des bandes : "Nous voulons nous faire entendre. Ils jouent un rôle" », précise Bernard Tossou Atchrimi, enseignant-chercheur à l'université de Lomé.
Ces rumeurs entretiennent un climat de peur, affirme dans un communiqué le ministère togolais de la Sécurité, et provoquent dans certains cas des actes de vindicte populaire contre des personnes injustement soupçonnées. Les autorités appellent à ne pas relayer des informations non vérifiées.