Face aux drames humains et au manque à gagner colossal pour l'État, le ministère des Mines et de la Géologie et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) font de la formalisation de l'orpaillage le coeur de leur nouveau partenariat. Une convention spécifique a été signée, jeudi 30 juillet 2026, à Diamniadio entre les deux institutions. Entre identification biométrique et circuits de financement nationaux, l'heure est à la reprise en main d'un secteur qui pèse plus de 40 tonnes d'or par an.
La signature de la convention-cadre entre le ministère des Mines et de la Géologie et la CDC marque un tournant décisif. En effet, le secteur minier, désormais pilier autonome de la vision « Sénégal 2050 », place la régulation de l'orpaillage artisanal au sommet de ses priorités. Au cours de la cérémonie de signature, le ministre des Mines et de la Géologie, Cheikh Oumar Seck, a dressé un bilan sans concession de l'orpaillage clandestin, qualifié de « frein majeur » pour le pays.
Sur le plan humain, la situation est tragique, avec 36 décès enregistrés depuis le début de l'année suite à des éboulements. Au-delà du drame social, l'impact environnemental, notamment la pollution grave du fleuve Falémé, et le préjudice financier sont profonds. Selon le ministre, « chaque année, ce sont plus de 350 milliards de FCFA qui échappent aux caisses du Trésor public. Cela à cause d'une production artisanale massive, estimée à plus de 40 tonnes d'or, qui manque totalement de traçabilité et contribue à alimenter divers trafics ».
LA BIOMÉTRIE AU SERVICE DE LA SÉCURITÉ : L'EXPERTISE DE SYNAPSIS
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Pour restaurer l'ordre et la sécurité sur les sites, la CDC mobilise sa filiale technologique, SYNAPSIS. Ce projet d'envergure prévoit, l'identification biométrique, grâce à un système d'enrôlement des orpailleurs, pour sécuriser les données et contrôler l'accès aux sites.
Dans ce cadre, des centres d'enrôlement régionaux seront prochainement installés dans deux régions prioritaires, pour amorcer cette transition numérique. Aussi, des couloirs d'orpaillage pilotes seront mis en place. L'État prévoit d'ériger trois zones modèles, deux à Kédougou et une à Tambacounda, pour encadrer strictement l'activité. Ce volet numérique est le fruit d'une collaboration multisectorielle impliquant également les ministères de l'Intérieur, de l'Environnement et de la Défense.
Dans la nouvelle doctrine nationale, l'artisanat minier et la petite mine sont désormais exclusivement réservés aux Sénégalais. Pour que cette mesure ne reste pas un « voeu pieux », la CDC accompagnera les acteurs locaux dans leurs investissements.
L'implication de la Caisse des Dépôts et de Consignation sera également financière et structurelle. Elle interviendra dans, le rachat de la production. Il s'agira de financer l'achat de l'or artisanal via des structures faîtières pour garantir des circuits officiels, mais aussi de la création de valeur. Sur ce dernier point, l'accent sera mis sur un soutien à l'émergence d'écoles de bijouterie pour transformer la ressource localement.
Dans cette convention, la CDC pourrait se positionner pour devenir le partenaire privilégié pour la mise en place d'unités de traitement de l'or, garantissant une meilleure souveraineté industrielle. Fadilou Keïta, Directeur général de la CDC, a réaffirmé que l'institution est un « outil de l'État dont les stratégies s'alignent sur les priorités nationales. À ce titre, la CDC accompagnera le Ministère dans sa nouvelle doctrine d'investissement ».
Il faut souligner que cette convention est un partenariat global pour l'avenir minier. En effet, si l'orpaillage est l'urgence immédiate, la convention englobe d'autres projets structurants. La CDC utilisera son laboratoire CACO pour les tests de sol et accompagnera l'État dans sa montée au capital des grandes sociétés minières, avec l'ambition d'atteindre 25% de participation complémentaire.
Enfin, les ressources du Fonds de réhabilitation des sites miniers, gérées par la CDC, seront prioritairement réinvesties dans le secteur pour assurer une exploitation durable et responsable des richesses du sous-sol sénégalais.