Maroc: Crise migratoire - Rabat dit travailler avec Madrid pour connaître le nombre de décès

Dakar — Les autorités marocaines poursuivent, avec leurs homologues espagnoles, la vérification des données liées au nombre de décès consécutifs à la tentative d'entrée irrégulière de milliers de citoyens marocains sur le territoire espagnol via les enclaves de Sebta (Ceuta pour les Espagnols) et Melilla, a assuré, dimanche, dans la soirée le porte-parole du ministre marocain de l'Intérieur Rachid El Khalfi.

Le gouvernement marocain a confirmé des décès dans ces évènements, dix par noyade et un autre lié à une chute dans une zone rocheuse de Sebta pendant que les autorités espagnoles parlent d'au moins 88 décès.

"Les autorités marocaines poursuivent, via les canaux de coopération et de coordination officiels avec leurs homologues espagnoles, les opérations de vérification de la véracité de ces données, ainsi que du nombre réel des personnes concernées, de leurs identités et de leurs nationalités, afin de parachever les mesures juridiques, administratives et humanitaires requises", a notamment déclaré le porte-parole du ministère marocain de l'Intérieur.

Plusieurs milliers de migrants en provenance du Maroc étaient entrés, principalement par la nage, sur le territoire espagnol via ses enclaves de Ceuta et Melilla avant de regagner le territoire marocain.

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"Ce nombre s'est élevé à près de 40.000 personnes à destination de la ville de Sebta et à près de 1 135 personnes à destination de la ville de Melilla, où il a été procédé au renvoi immédiat de toutes les personnes ayant réussi à atteindre cette ville", a expliqué Rachid El Khalfi, dans des propos rapportés par la MAP, l'agence officielle d'information du royaume du Maroc.

Il a indiqué que ce bilan repose sur des données statistiques et de terrain précises, collectées grâce à des mécanismes techniques de surveillance et de suivi, "ce qui en fait la référence, contrairement à certains chiffres véhiculés qui ne reposent pas sur des données fiables ou des fondements objectifs".

"Les données statistiques précises dont disposent les autorités compétentes, fournies grâce aux dispositifs de surveillance et de suivi sur le terrain, mis en place aux points de départ des personnes ayant pris part à ces tentatives de passages irréguliers, ont permis de déterminer le nombre exact des personnes concernées", a répété le porte-parole du ministère marocain de l'Intérieur.

Selon lui, les différentes données recueillies et analysées révèlent que ces événements ne sont pas dus à des facteurs conjoncturels ou spontanés, mais plutôt le résultat de l'interaction de plusieurs facteurs intriqués.

Il a ainsi évoqué "l'instrumentalisation tendancieuse de l'espace numérique, la diffusion d'informations trompeuses, le rôle des bandes de traite d'êtres humains et des interprétations erronées de données juridiques et administratives qui visaient à faire croire à la possibilité d'accès facile à l'espace européen sans conséquences juridiques".

"Les autorités publiques, conscientes de la nature et des indicateurs de ces développements, ont, dès le départ, mis en oeuvre une approche proactive et globale s'appuyant sur la détection précoce des différents signaux, le rehaussement du niveau de vigilance et de mobilisation", a-t-il fait valoir.

Il n'a pas manqué de parler du renforcement de l'opérationnalité des différents services de sécurité et des autorités territoriales, de l'intensification de la surveillance terrestre et maritime, à même de permettre le contrôle de la situation, la protection des vies, le maintien de l'ordre public et la sécurisation des frontières, dans le strict respect des dispositions de la loi et du principe de proportionnalité des interventions.

Analysant le phénomène, l'officiel marocain a également mis en avant les dernières décisions des autorités judiciaires espagnoles relatives à la possibilité de restreindre l'application des mesures de renvois immédiats de certains migrants irréguliers interceptés en mer.

"Ces décisions et leurs interprétations erronées véhiculées ont nourri une conviction chez certains candidats qu'ils peuvent éviter le renvoi immédiat, ce qui a contribué à l'émergence d'un mode unique des tentatives de migration irrégulière, à savoir la traversée à la nage pour s'épargner le renvoi immédiat", a tenté d'expliquer Rachid El Khalfi.

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