L'adoption du Finance Bill vendredi continue de susciter de vives réactions au sein du mouvement syndical. Au lendemain du vote au Parlement, plusieurs dirigeants syndicaux ont dénoncé un texte adopté dans un climat qu'ils jugent marqué par la pression politique. Ils estiment que certaines dispositions du projet de loi, notamment celles liées à la Basic Retirement Pension (BRP), constituent une remise en cause du contrat social et appellent la population à se mobiliser.
Le président de la Federation of Civil Service and Other Unions, Narendranath Gopee, s'est montré particulièrement critique à l'égard du déroulement des débats parlementaires. Selon lui, le Finance Bill a été adopté sans les amendements attendus. «Le Finance Bill a traversé sans aucune modification. La fameuse BRP est restée inchangée malgré toutes les contestations», a-t-il déclaré. Il estime que les discussions parlementaires ont mis en évidence un décalage entre les prises de position publiques de certains élus et leur vote final. «Il y a des parlementaires qui parlent beaucoup en public et en privé, mais qui agissent autrement au Parlement», a-t-il lancé.
Narendranath Gopee a toutefois salué le courage du député Sydney Pierre, qu'il a présenté comme l'un des rares parlementaires à avoir défendu ses convictions. «Je tiens à saluer Sydney Pierre pour son courage. C'est un élément nouveau dans notre paysage politique et nous espérons que d'autres suivront cet exemple», a-t-il affirmé.
Le syndicaliste considère que l'adoption du Finance Bill marque un tournant historique. Selon lui, le maintien des dispositions concernant la pension représente «un véritable coup de massue sur la tête de la population». Il estime que cette décision remet en cause un acquis social construit depuis l'Indépendance du pays. «Ils détruisent le contrat social établi depuis plus de 50 ans d'un simple coup de plume», a-t-il déclaré.
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Narendranath Gopee s'est également interrogé sur la faible mobilisation populaire face à ces changements. «Nous nous battons pour une population qui n'ose même pas se mobiliser pour défendre ses propres droits», a-t-il regretté, qualifiant la situation d'«extrêmement inquiétante», notamment en raison de la faible participation des jeunes. Pour lui, «la bataille ne fait que commencer» et les syndicats se réuniront prochainement afin de déterminer les prochaines actions à entreprendre.
Reeaz Chuttoo, de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé, a également vivement réagi au vote du Finance Bill. Il a tenu à féliciter Sydney Pierre pour sa position, tout en affirmant que les autres parlementaires avaient approuvé le texte «sous la peur» du gouvernement. Selon lui, ce climat aurait influencé le résultat du vote. Le dirigeant syndical estime que cette situation soulève de sérieuses interrogations sur la liberté de vote des élus et sur la qualité du débat démocratique.
Même son de cloche du côté de Radhakrishna Sadien, président de la State and Other Employees Federation. Pour lui aussi, «ce projet de loi a été voté par la peur» et la population ne doit pas rester passive face à cette situation. «La population doit réagir», a-t-il insisté, estimant que les conséquences de ce texte toucheront directement de nombreux Mauriciens.
À travers ces déclarations, les principales organisations syndicales affichent leur détermination à poursuivre leur combat contre les dispositions contestées du Finance Bill. Elles annoncent déjà de nouvelles consultations afin de définir une stratégie commune pour les semaines à venir.