Le « soft power chinois » passe aussi par les amphithéâtres. Face au durcissement de la politique migratoire américaine, de plus en plus d'étudiants africains tournent le dos aux États-Unis pour poursuivre leurs études en Chine. Un choix motivé par des visas plus accessibles, des coûts bien plus faibles, mais aussi par une montée en gamme des universités chinoises. Une évolution qui renforce, au passage, l'influence de Pékin sur la jeunesse africaine.
Le rêve américain perd de son éclat, le rêve chinois gagne du terrain. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, les restrictions sur les visas étudiants se multiplient : entretiens plus difficiles à obtenir, refus plus fréquents, durée de séjour limitée... Autant d'obstacles qui poussent de nombreux étudiants africains à regarder ailleurs.
Et la Chine apparaît comme une alternative de plus en plus crédible. Les frais de scolarité y sont souvent bien inférieurs à ceux des universités américaines, de nombreuses bourses sont proposées et les formations en anglais se développent. Les perspectives d'emploi sont aussi renforcées par l'intensification des échanges économiques entre la Chine et l'Afrique. Enfin, les établissements chinois progressent rapidement dans les classements internationaux, renforçant leur attractivité.
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Résultat, les étudiants africains représentent désormais plus de 16% des étudiants étrangers en Chine. Plus de 80 000 y poursuivent aujourd'hui leurs études. Selon une enquête publiée cette semaine, 95 % des jeunes Africains interrogés jugent l'influence chinoise positive, davantage encore que celle des États-Unis.
Au-delà de l'université, c'est aussi une bataille d'influence. Pour de nombreux jeunes Africains, les partenaires étrangers sont désormais jugés moins sur leur discours que sur les opportunités concrètes qu'ils offrent. Former les élites d'aujourd'hui, c'est aussi, pour la Chine, construire les partenariats de demain.